La chefferie de Bahema Badjere, dans le territoire de Djugu, au nord-est de la République démocratique du Congo, est plongée dans une profonde consternation après l’assassinat de Désiré Malodra, coordonnateur local de la société civile. Cet acteur engagé pour la paix et la cohésion communautaire a été froidement tué dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 février 2026, dans la localité de Bule.
La nouvelle de sa mort a été confirmée ce jeudi matin par plusieurs sources locales concordantes. Selon des témoignages recueillis sur place, la victime aurait été abattue à bout portant. Un habitant de la zone, encore sous le choc, a exprimé sa douleur face à ce drame :
« C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la mort de Monsieur Désiré Malodra, coordonnateur de la société civile de la chefferie de Bahema Badjere, froidement tué à Bule. »
Des images ayant circulé dans la matinée montreraient le corps sans vie de la victime, gisant au sol, la tête ensanglantée, illustrant la violence extrême de l’acte. Bien que le décès soit confirmé, les circonstances exactes de ce meurtre ainsi que l’identité des auteurs restent, pour l’heure, inconnues.
Cet assassinat suscite une vive émotion au sein de la population locale et des organisations de la société civile, déjà éprouvées par l’insécurité chronique qui sévit dans la région de Djugu. Un autre responsable de la société civile locale a exprimé son inquiétude face à la recrudescence des violences ciblant les leaders communautaires :
« La période est très difficile pour les leaders. Priez pour nous », a-t-il confié, la voix chargée d’émotion.
Le drame est survenu dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Depuis mercredi, des affrontements armés sont signalés à Bule entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des éléments de la CRP, un mouvement armé dirigé par Thomas Lubanga. Cette situation alimente les craintes d’une escalade de violences et d’atteintes graves contre les civils et les acteurs de la paix.
La mort de Désiré Malodra relance avec force la question de la protection des défenseurs des droits humains et des leaders de la société civile dans les zones en conflit. De nombreux appels sont lancés aux autorités compétentes pour l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin de faire toute la lumière sur ce crime odieux et de traduire les auteurs en justice.
Elisée Katato
