Au lendemain de l’appel à contributions lancé par André Mbata pour réformer la Constitution, l’activiste de droit de l'homme, Jean-Claude Katende, a frontalement rejeté l’initiative. Il qualifie le processus de « distraction » et accuse l’Union Sacrée de préparer « une constitution confectionnée à la taille du Président Tshisekedi » en vue d’un troisième mandat.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 21 avril sur son compte X, Jean-Claude Katende a directement mis en cause la sincérité de la démarche portée par le secrétaire permanent de l’Union Sacrée de la Nation. « Le processus de collecte des contributions lancé par l’Union Sacrée de la Nation est une distraction. Ils ont déjà dans leur poche une constitution confectionnée à la taille du Président Tshisekedi. » Pour le président de l'ASADHO, les conclusions seraient donc connues avant même l’examen des contributions attendues jusqu’au 20 mai 2026.
Il s’interroge également sur la crédibilité du dispositif mis en place. « Même si le processus était sincère, quel degré de transparence et de confiance, peut-on lui accorder quand nous connaissons bien le jeu et les acteurs ». La composition de la « commission technique » ad hoc chargée d’étudier les propositions n’a pas été détaillée dans le communiqué d’André Mbata du 20 avril 2026.
Jean-Claude Katende dénonce par ailleurs un verrouillage de l’espace d’expression pour les opposants au projet. « Déjà ils ne veulent pas que ceux qui sont opposés à leur coup d'État constitutionnel puissent s'exprimer librement ».
Sur le fond, il établit un lien direct entre la révision envisagée et la question du mandat présidentiel. « Ce qui est vrai est que le troisième mandat sera une tricherie ». L’Union Sacrée n’a pas mentionné la question du mandat dans son appel à contributions. Le rapport final de la commission doit être remis au président Félix Tshisekedi, à moins de trois ans de la présidentielle prévue en décembre 2028.
Avec cette prise de position, Jean-Claude Katende rejoint les voix qui, à l’instar du FCC et d’Ensemble pour la République, rejettent le processus avant son lancement effectif. Sa déclaration pose la question de la participation de la société civile critique au calendrier fixé par la majorité. Le débat sur la méthode s’annonce aussi central que celui sur le fond de la réforme.
Roger AMANI
