La Journée africaine de l’environnement, célébrée chaque 03 mars, est une occasion pour la République démocratique du Congo de réaffirmer son engagement en faveur de la protection de l’environnement, dans un contexte marqué par des défis climatiques et sécuritaires persistants, particulièrement dans l’est du pays.
Instituée par l’Union africaine, cette journée rend hommage à Wangari Maathai, première femme africaine lauréate du prix Nobel de la paix et fondatrice du Green Belt Movement, dont le combat continue d’inspirer les initiatives environnementales sur le continent africain.
En province du Nord-Kivu, la pression sur les écosystèmes demeure préoccupante. La déforestation, l’exploitation non contrôlée des ressources naturelles, la croissance démographique et l’insécurité fragilisent les forêts et les terres agricoles, compromettant les moyens de subsistance de nombreuses communautés locales. Des zones comme Beni, Lubero ou Rutshuru subissent déjà les effets visibles du changement climatique, notamment l’érosion des sols, la baisse de la fertilité des terres et la perturbation des saisons agricoles.
Contacté à l’occasion de cette commémoration, Chadrack Sivyachomana, assistant au sein de l’Université de Conservation de la Nature et du Développement de Kasugho (UCNDK), souligne que les communautés locales et les peuples autochtones constituent des acteurs clés de la protection de l’environnement. Selon lui, leurs connaissances traditionnelles et leurs pratiques durables contribuent de manière significative à la préservation des forêts et à la restauration des écosystèmes dégradés, même dans un contexte sécuritaire parfois instable.
Il rappelle par ailleurs que, bien que la RDC soit l’un des pays les moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle demeure particulièrement vulnérable aux conséquences du changement climatique. Inondations, glissements de terrain et irrégularité des pluies affectent directement la sécurité alimentaire et la stabilité socio-économique des ménages, renforçant ainsi les appels en faveur d’une justice climatique équitable.
À l’occasion de la Journée africaine de l’environnement, les autorités congolaises, la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les citoyens sont appelés à traduire les engagements en actions concrètes. Il s’agit notamment de renforcer les politiques de protection de l’environnement, d’appuyer les initiatives locales et de promouvoir une gestion durable des ressources naturelles.
En honorant l’héritage de Wangari Maathai, la République démocratique du Congo réaffirme sa volonté de préserver ses écosystèmes, non seulement pour le bien-être des populations actuelles, mais aussi pour garantir un avenir durable aux générations futures et contribuer à l’équilibre environnemental du continent africain.
Premiss batita
