L’absence d’infrastructures sanitaires au centre de négoce de Kasihe, situé dans le village de Buhozi, groupement de Mudusa, en territoire de Kabare, suscite des inquiétudes croissantes parmi les commerçants, les clients et les habitants des environs.
Très fréquenté quotidiennement par les vendeurs, acheteurs, transporteurs et autres acteurs économiques, le marché ne dispose notamment ni de latrines publiques, ni de poubelles suffisantes, ni d’un dispositif organisé de collecte et d’évacuation des déchets.
Lors d’une descente effectuée ce mardi 11 août 2026, il a été constaté que des déchets issus des activités commerciales sont présents à plusieurs endroits du marché et dans ses environs. En l’absence d’un système régulier de collecte, certaines ordures sont abandonnées à même le sol, exposant davantage les usagers et les riverains à l’insalubrité.
L’absence de toilettes constitue également une préoccupation majeure. Certains usagers seraient contraints de recourir à des espaces improvisés pour leurs besoins physiologiques, une pratique qui peut contribuer à la contamination de l’environnement lorsque les conditions d’hygiène et d’assainissement ne sont pas réunies.
La situation devient particulièrement préoccupante pendant les périodes de pluie. Les eaux de ruissellement peuvent transporter les déchets vers d’autres zones, tandis que l’accumulation des immondices peut favoriser la prolifération d’insectes et de rongeurs et contribuer à la dégradation du cadre de vie.
Des pharmaciens exerçant à Kasihe alertent, pour leur part, sur les conséquences sanitaires potentielles d’un tel environnement. Ils citent notamment les maladies diarrhéiques, la fièvre typhoïde et le choléra parmi les affections dont le risque peut être favorisé par de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.
Les commerçants s’interrogent sur les taxes payées
La gestion des recettes générées par le marché constitue également une source de préoccupation pour certains commerçants. Plusieurs affirment s’acquitter régulièrement des taxes et redevances liées à leurs activités, tout en constatant l’absence d’équipements sanitaires élémentaires.
Sans accuser directement une structure précise, ils souhaitent davantage de transparence sur l’utilisation des recettes collectées et estiment qu’une partie de ces ressources devrait contribuer à l’amélioration des conditions de travail et de l’assainissement du marché.
Les habitants du sous-village Mulonge, voisin du centre de négoce, disent eux aussi subir les conséquences de cette situation. Les mauvaises odeurs, les déchets et la dégradation progressive de l’environnement affecteraient leur quotidien.
Face à ces préoccupations, les acteurs locaux recommandent notamment la construction de latrines publiques, l’installation de poubelles, l’organisation d’une évacuation régulière des déchets et le renforcement de la sensibilisation à l’hygiène.
Ils plaident également pour une meilleure communication sur les recettes perçues et leur affectation, considérant que la transparence est indispensable pour renforcer la confiance entre les gestionnaires du marché, les commerçants et les usagers.
La situation du marché de Kasihe dépasse ainsi la seule question du confort des commerçants. Dans un espace qui accueille quotidiennement une importante population, l’assainissement constitue également un enjeu de santé publique et de protection de l’environnement.
Pour les acteurs locaux, l’urgence est désormais de permettre au marché de poursuivre ses activités économiques tout en garantissant aux usagers et aux riverains des conditions minimales d’hygiène et de sécurité sanitaire.
Christian Balemba
