Une crise secoue la Fédération de Kananga du parti présidentiel, Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi). Au cœur de la tourmente, Maître Charles Kamuanga, 4e vice-Président fédéral, accusé publiquement de malversations financières, de gestion opaque et d’insubordination envers la hiérarchie fédérale. Cette dénonciation officielle a été rendue publique dans une déclaration lue ce mardi 16 décembre par les responsables de la fédération, réunis en session extraordinaire.
Selon cette déclaration, Charles Kamuanga est soupçonné d’avoir perçu et détourné plusieurs sommes importantes supposément destinées aux membres du parti, sans que les bases militantes en bénéficient.
Parmi les montants évoqués : 7.000, 15.000, 10.000, 5.000 puis 7.500 dollars remis lors de la visite du vice-Premier ministre, ministre de la fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ainsi qu’une somme de 1.700 dollars destinée à la jeunesse. Le communiqué dénonce également des nominations partisanes, des initiatives personnelles non validées par le comité, ainsi que l’usage abusif de l’autorité fédérale pour exclure militants et cadres.
Un rejet catégorique des accusations
Dans une interview, Maître Charles Kamuanga a fermement rejeté les accusations portées contre lui. Il nie avoir reçu de telles sommes, notamment du ministre concerné : « Si quelqu’un m’a vu assis avec le ministre Lihau pour discuter d’argent, qu’il le dise publiquement. On ne s’est jamais parlé », a-t-il indiqué. Il affirme que les fonds évoqués ont été gérés par la Fédération et nie tout détournement.
Kamuanga dénonce une manœuvre politique de ses détracteurs visant à l’évincer illégalement. Il rappelle avoir été nommé par le Secrétaire Général national du parti, seul habilité à le révoquer : « Ce n’est pas leur rôle. Ils n’en ont ni le pouvoir ni la qualité statutaire ». Il accuse le comité de vouloir créer une crise interne en l’absence du président fédéral, demandant qu’on attende son retour pour un dialogue de clarification.
Une fédération fragilisée
Cette crise révèle les failles internes du parti présidentiel à Kananga, alors même que l'UDPS joue un rôle clé dans la mobilisation pour les prochaines échéances électorales locales. Entre accusations de clientélisme, luttes de pouvoir et absence d’une direction stable, la fédération risque de perdre en crédibilité et en cohésion.
Les appels se multiplient pour une médiation urgente de la hiérarchie nationale afin d’éviter l’implosion locale du parti et de restaurer l’unité. Plusieurs militants demandent également un audit financier indépendant pour faire la lumière sur la gestion des fonds évoqués.
