À l’occasion de la célébration, le 21 février, de la Journée internationale de la langue maternelle, des acteurs socio-éducatifs ont appelé à une intégration effective des langues maternelles dans l’enseignement, estimant qu’elles constituent un levier déterminant pour la réussite scolaire et l’affirmation culturelle.
Instituée par l’UNESCO, cette journée met en avant la diversité linguistique et l’importance du multilinguisme dans l’éducation. En République démocratique du Congo, où coexistent plusieurs langues nationales, cette célébration rappelle l’urgence de valoriser ces idiomes dans le parcours scolaire des enfants. À Kananga, enseignants et représentants de la société civile exhortent les autorités à passer des discours aux actions concrètes.
Placée sous le thème « Les voix de la jeunesse sur l’éducation multilingue », l’édition 2026 a suscité un intérêt particulier dans la province du Kasaï Central. Des acteurs éducatifs soulignent que l’utilisation de la langue d’origine en classe favorise une meilleure assimilation des connaissances, encourage la participation des apprenants et réduit les difficultés liées à la compréhension.
Pour Pierrot Elamenji, coach en leadership communicationnel et coordonnateur du centre de formation Au-delà des limites (ADL GROUP), la langue maternelle constitue la base sur laquelle se construit tout apprentissage. Il relève néanmoins plusieurs freins à son utilisation dans le système éducatif, notamment la perte progressive des repères culturels et l’idée répandue selon laquelle la maîtrise du français ou d’autres langues étrangères serait synonyme d’ascension sociale.
Il invite ainsi les autorités éducatives, les enseignants et les parents à promouvoir activement les langues nationales dans la vie quotidienne, aussi bien à l’école qu’au sein des familles.
De son côté, Daniel Ntumba Tshimanga, coordonnateur de la plateforme Debout Congolais pour le Développement Durable (DCDD), insiste sur le rôle central de la langue dans la construction de l’identité. Selon lui, la prédominance des langues internationales dans l’enseignement contribue à éloigner les jeunes de leurs racines culturelles et de leur patrimoine immatériel.
Au-delà de la commémoration, les acteurs rencontrés souhaitent que cette journée marque le début d’une véritable politique linguistique éducative, afin que les langues locales occupent une place plus importante dans la formation des élèves et participent pleinement à la préservation de la richesse culturelle nationale.
