À peine lancé, le projet de construction de dix latrines publiques dans des lieux stratégiques de la ville de Kananga suscite déjà une vive controverse. Certaines infrastructures présentent des fissures alors même que les travaux ne sont pas encore achevés, ni inaugurés.
La cérémonie de lancement, organisée il y a environ deux semaines, a été présidée par le ministre provincial du Plan, Pierrot Mutela Mukendi, représentant le gouverneur Joseph Moïse Kambulu N’Konko.
Les autorités provinciales avaient présenté cette initiative comme une réponse concrète aux problèmes d’hygiène et de salubrité dans des espaces très fréquentés tels que la Place de l’Indépendance, les marchés et les arrêts d’autobus.
Entièrement financé par le gouvernement provincial, le projet s’inscrit dans une politique plus large visant à améliorer les conditions de vie et la santé publique à Kananga. L’exécution des travaux a été confiée à l’entreprise Basua Building Foundation.
Des fissures qui soulèvent des inquiétudes
Cependant, dès le mardi 10 février, des images relayées sur les réseaux sociaux, notamment par le média en ligne leKasaien.net, ont montré des fissures importantes sur certains murs des latrines en construction. Ces photos, largement partagées sur Facebook, ont rapidement suscité débats et critiques parmi les citoyens, journalistes indépendants et internautes.
Pour de nombreux habitants, ces fissures précoces soulèvent plusieurs interrogations majeures :
La qualité des travaux et des matériaux utilisés : les dommages visibles pourraient indiquer un problème de fondation ou l’usage de matériaux de qualité inférieure, compromettant ainsi la solidité et la durabilité des ouvrages.
La supervision technique et la transparence : certains observateurs dénoncent un manque de contrôle rigoureux sur le chantier ainsi qu’un déficit de transparence dans l’attribution et le suivi de ce marché public.
Un besoin réel d’assainissement
La polémique intervient dans un contexte où la ville de Kananga fait face à des défis persistants en matière d’assainissement. Le manque d’infrastructures sanitaires fonctionnelles favorise encore la défécation à l’air libre dans plusieurs espaces publics, aggravant l’insalubrité et exposant la population à des risques sanitaires.
Si des initiatives similaires ont déjà été menées dans la province à travers des campagnes de sensibilisation ou des projets portés par des organisations locales et humanitaires elles n’ont pas toujours permis d’assurer une couverture suffisante.
Aujourd’hui, au-delà de la controverse, de nombreux habitants appellent les autorités à faire toute la lumière sur la qualité des travaux en cours et à garantir que les fonds publics engagés servent réellement à doter la ville d’infrastructures durables et fiables.
