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SOCIÉTÉ
Dénis Ngalamulume, rédacteur en chef

Publié le Mardi 20 janvier 2026

Nombre de lectures: 222

Kananga : les activités socio-économiques paralysées par une grève des taxis-motos, des appels au dialogue se multiplient ( Reportage)

Les activités socio-économiques et professionnelles ont été fortement perturbées ce mardi 20 janvier 2026 dans la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, à la suite d’un manque criant de transport en commun. 

À la base de cette situation, une grève décrétée par les conducteurs de taxis-motos qui dénoncent des tracasseries policières. Entre-temps, plusieurs voix s’élèvent pour exiger un échange direct et une collaboration franche entre les motards et les services de sécurité.

Dès les premières heures de la matinée, la ville de Kananga s’est réveillée sous une ambiance inhabituelle. Aucune moto-taxi n’était visible sur les principales artères de la ville, paralysant presque totalement la mobilité urbaine et, par ricochet, les activités socio-économiques.

Dans plusieurs coins jugés sensibles, une forte présence policière a été observée, prête à intervenir en cas de débordement. Les conducteurs de motos-taxis, principaux acteurs du transport urbain à Kananga, ont décidé de suspendre leurs activités pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de tracasseries policières répétées.

Selon plusieurs motards rencontrés, ils affirment être régulièrement interpellés et arrêtés sans communication claire sur les frais, amendes ou forfaits exigés. Ils dénoncent également des contrôles effectués par des policiers qui ne relèveraient pas de la Police de circulation routière (PCR), une pratique qu’ils jugent abusive et attentatoire à leur liberté d’exercer.

Les conséquences de cette grève ont été immédiatement ressenties. De Katoka 2 au Grand Marché, de Notre-Dame à l’Oasis, la population s’est déplacée à pied, sous un soleil accablant. De nombreux parents ont préféré garder leurs enfants à la maison, par crainte d’éventuels affrontements entre policiers et motards. Les usagers, principaux bénéficiaires du transport par moto, ont exprimé fatigue, désolation et inquiétude face aux longues distances à parcourir et à la paralysie quasi totale de la ville.

Depuis la matinée de ce mardi 20 janvier 2026, les activités sont ainsi restées quasiment à l’arrêt à Kananga, à la suite de cette grève déclenchée non seulement par les motards, mais également par certains chauffeurs de bus. Ces derniers affirment que ce mouvement vise à dénoncer des pratiques policières qu’ils estiment nuisibles à leurs activités quotidiennes.

Dans leurs déclarations, les grévistes pointent du doigt le commissaire provincial de la Police nationale congolaise, le général Magnat Kabeya, qu’ils accusent d’être à l’origine de ces présumées tracasseries. Une situation qui a suscité de vives inquiétudes au sein de différentes couches sociales. Travailleurs, étudiants, élèves et autres usagers ont été contraints de se déplacer à pied pour honorer tant bien que mal leurs rendez-vous et obligations.

Réagissant à cette crise, Benoît Belangenyi, président du caucus des conseillers de la ville de Kananga, a déploré la situation actuelle qu’il attribue à un manque de collaboration entre les autorités policières et les motards. Il critique notamment la décision de confier certaines opérations de maintien de l’ordre à des policiers récemment recrutés.

« On ne peut pas gérer une ville post-conflits comme Kananga avec de la brutalité ou de l’improvisation. Il faut de la maturité, de la communication et surtout de la pédagogie dans l’application de la loi », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant la légitimité de certaines revendications des motards, Benoît Belangenyi appelle à la retenue et au dialogue.

« J’invite les motards et les autorités policières à mettre de l’eau dans le vin. Kananga ne mérite pas de replonger dans des tensions sociales inutiles, alors que la population aspire à la paix et au développement », a-t-il ajouté.

De son côté, Norbert Kapajika Biselele, analyste socio-politique du Kasaï-Central, a désapprouvé la décision des conducteurs de taxis-motos de recourir à une grève générale, qu’il estime préjudiciable à la population.

« La grève est un droit, certes, mais dans un contexte aussi fragile, elle pénalise davantage les citoyens que les décideurs. La solution passe par la communication et une rencontre franche autour d’une table », a-t-il expliqué.

Il en appelle à l’implication des autorités provinciales pour faciliter un cadre de dialogue inclusif.

« Il est urgent que les autorités prennent l’initiative de réunir la police et les représentants des motards afin de clarifier les règles, définir les responsabilités de chacun et éviter que ce genre de crise ne se répète », a-t-il conclu.

En attendant une issue favorable, la population de Kananga continue de subir les conséquences de cette paralysie, espérant une résolution rapide par le dialogue et la collaboration entre les parties concernées.

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Dénis Ngalamulume, rédacteur en chef

Publié le Mardi 20 janvier 2026

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