À l'occasion de la Journée nationale du Génocost, célébrée le dimanche 2 août à Kananga, le Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) du Kasaï-Central et le Mouvement citoyen ont interpellé les institutions de la République sur la nécessité d'intensifier les actions en faveur des victimes des conflits armés en République démocratique du Congo. Leur plaidoyer a été consigné dans un mémorandum officiellement adressé au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Organisée au rond-point KHRT sous la conduite du président du CPJ Kasaï-Central, Emmanuel Kabangu, et du représentant du Mouvement citoyen, Jean Calvin Luamba, la cérémonie a réuni des responsables des organisations de jeunesse, des survivants, des familles endeuillées ainsi que plusieurs citoyens venus honorer la mémoire des millions de Congolais victimes des violences armées.
Après un recueillement aux chandelles et une minute de silence, les participants ont assisté à la lecture du mémorandum par Jean-Pierre Miamba, vice-président chargé de l'administration du CPJ Kasaï-Central.
Le document salue les initiatives engagées par les autorités congolaises pour faire reconnaître le Génocost, tout en exhortant les institutions à aller plus loin dans les démarches diplomatiques, judiciaires et humanitaires.
« Nous sollicitons respectueusement l'implication de toutes les autorités de la République afin qu'elles poursuivent et renforcent les actions diplomatiques en vue d'obtenir : primo, la reconnaissance internationale du Génocost comme expression de la mémoire des millions de victimes congolaises ; secundo, le renforcement des mécanismes de justice afin que les auteurs, complices et commanditaires des crimes commis contre les populations civiles répondent de leurs actes conformément au droit ; tertio, la mise en œuvre de mécanismes de réparation en faveur des victimes, des survivants, des familles endeuillées et des communautés affectées ; quarto, la protection de la souveraineté de la République démocratique du Congo, la sécurisation de son territoire et la promotion d'une paix durable fondée sur le respect du droit international », peut-on lire dans le mémorandum.
Les signataires condamnent également la persistance des violences dans l'est du pays ainsi que l'exploitation illicite des ressources naturelles, qu'ils considèrent comme l'un des facteurs alimentant les conflits.
Le mémorandum réaffirme enfin l'engagement de la jeunesse à contribuer à la paix et à l'unité nationale.
« Nous réaffirmons l'engagement de la jeunesse du Kasaï-Central à demeurer un acteur de paix, de cohésion nationale, de patriotisme et de défense des intérêts supérieurs de la Nation. Notre génération refuse que les richesses naturelles de notre pays continuent d'être une source de souffrance pour notre peuple. Elles doivent devenir un levier de développement, de prospérité et de justice sociale. Notre démarche n'est guidée ni par la haine ni par l'esprit de vengeance », conclut le document.
À travers cette démarche, le CPJ Kasaï-Central et le Mouvement citoyen entendent maintenir le plaidoyer en faveur de la mémoire des victimes, de la lutte contre l'impunité et de la consolidation d'une paix durable en République démocratique du Congo.Ce nouvel angle met l'accent sur l'interpellation des institutions de la République, plutôt que sur la cérémonie ou la simple remise du mémorandum.
