La prise de position de la fédération de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Kananga, réclamant le départ du gouverneur du Kasaï-Central, Moïse Kambulu N’Konko, suscite des réactions dans la classe sociopolitique provinciale. Augustin Bilolo, jeune leader du Kasaï-Central et acteur de la société civile, appelle à la responsabilité politique et met en garde contre les risques de déstabilisation des institutions provinciales.
Dans une réflexion rendue publique ce lundi 19 octobre 2026, Augustin Bilolo dénonce ce qu’il considère comme une sortie médiatique ratée de la fédération de l’UDPS de Kananga. Il s’interroge notamment sur la cohésion interne du parti présidentiel, évoquant des divergences entre les positions des fédérations de Kananga et de Tshimbulu.
Selon lui, cette situation révèle des difficultés de coordination politique et de leadership au sein du parti. Il rappelle également que l’UDPS compte, d’après ses déclarations, six fédérations dans la province du Kasaï-Central, et non cinq.
Pour Augustin Bilolo, le Kasaï-Central ne doit pas devenir l’otage des querelles partisanes.
L’acteur de la société civile redoute qu’une éventuelle initiative parlementaire visant le gouverneur provincial ne provoque une riposte politique, notamment une pétition contre le président de l’Assemblée provinciale. Une telle confrontation pourrait, selon lui, entraîner une paralysie des institutions provinciales, avec des conséquences préjudiciables pour la population.
Il estime que les divergences politiques devraient être réglées par le dialogue et la concertation, plutôt que par des initiatives susceptibles de fragiliser le fonctionnement des institutions.
Abordant la question du partage des responsabilités au sein de la majorité présidentielle, Augustin Bilolo plaide également pour un équilibre entre les différentes composantes politiques. À ses yeux, la gouvernance provinciale doit tenir compte des rapports de force politiques et éviter la concentration des postes stratégiques entre les mains d’un seul parti.
Il rappelle, dans ce sens, que les députés provinciaux du Kasaï-Central auraient consenti à des compromis pour préserver la paix institutionnelle et invite l’UDPS à faire preuve de responsabilité.
La sécurité nationale et la stabilité institutionnelle avant les querelles politiques
Dans sa déclaration, Augustin Bilolo souligne par ailleurs que la situation sécuritaire en République démocratique du Congo devrait inciter les responsables politiques à privilégier les intérêts supérieurs de la nation. Il estime que les conflits de positionnement ne doivent pas détourner les dirigeants de leurs priorités, notamment la sécurité, le développement et le bien-être de la population.
Face à cette situation, il interpelle le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, l’appelant à intervenir auprès des responsables de l’UDPS, tant au niveau provincial que national, afin de favoriser l’apaisement et de préserver la stabilité des institutions.
Il met également en garde contre l’instrumentalisation des fédérations du parti à des fins politiques, estimant que les initiateurs de telles démarches devraient assumer les conséquences de leurs actes.
Le Kasaï-Central a besoin de stabilité, de développement et d’un leadership responsable, pas d’une guerre de positionnement », insiste Augustin Bilolo dans sa réflexion.
À travers cette prise de position, cet acteur de la société civile appelle les différentes forces politiques de la province à privilégier le dialogue et la responsabilité afin d’éviter une éventuelle crise institutionnelle. Pour lui, l’intérêt de la population doit demeurer au centre des décisions politiques, au-delà des divergences entre les partis et leurs différentes structures.
Reste à savoir comment les responsables concernés réagiront à cet appel à l’apaisement dans un contexte où les rapports politiques autour de la gouvernance du Kasaï-Central continuent de susciter des débats.
