Les laïcs du diocèse de Luebo ont exprimé leur soutien au projet de changement de la Constitution en République démocratique du Congo, tout en rejetant la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur cette question. Ils estiment que la prise de position des évêques ne reflète pas l’opinion des fidèles catholiques et dénoncent un manque de consultation préalable.
C’est à l’issue d’une marche pacifique organisée ce dimanche 5 juillet à Tshikapa que les participants ont rendu publique leur position. Mobilisés en nombre, les laïcs du diocèse de Luebo ont parcouru plusieurs artères de la ville pour exprimer leur adhésion au projet de révision constitutionnelle en discussion au niveau national.
À la fin de la marche, ils ont remis un mémorandum au gouverneur de province, Crispin Mukendi. Dans ce document, ils affirment ne pas se reconnaître dans les déclarations faites par la CENCO concernant le débat constitutionnel en cours en République démocratique du Congo.
Les manifestants soutiennent que les évêques catholiques n’auraient pas suffisamment consulté la base des fidèles avant de rendre publique leur position. Selon eux, cette démarche crée un décalage entre la hiérarchie ecclésiastique et les réalités vécues par les croyants sur le terrain.
Ils insistent par ailleurs sur leur droit à exprimer librement leur opinion citoyenne sur les grandes questions politiques du pays, notamment celles liées aux réformes institutionnelles.
Cette sortie publique intervient dans un contexte national marqué par des débats autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo. La question divise plusieurs acteurs politiques, religieux et de la société civile, chacun exprimant des positions parfois divergentes.
Dans la province du Kasaï, cette prise de position des laïcs de Luebo illustre les différentes sensibilités qui traversent également les communautés religieuses face aux enjeux politiques nationaux.
Hervé Tshiombela
