La tension monte dans le territoire de Kazumba, au Kasaï Central. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 17 septembre, les députés provinciaux élus de cette circonscription ont demandé la suspension immédiate de l’administrateur du territoire, Jean-Roger Tshitenge Tshitenge, l’accusant d’être à l’origine d’un climat d’insécurité et de désordre.
Selon Pierre Sosthène Kambidi, qui s’est exprimé au nom de ses collègues, l'administrateur du territoire est tenu pour responsable des multiples conflits coutumiers qui ont éclaté dans les secteurs de Kafuba, Bulungu et Tshitadi.
«Ces conflits ont déjà occasionné des morts d'hommes et maintiennent ces groupements dans l'insécurité permanente», a-t-il déclaré, ajoutant que des informations indiquent que l'administration "entretient ces conflits pour des intérêts égoïstes".
Les élus dénoncent également plusieurs pratiques illégales :
* L'érection de barrières illégales sur ordre de l'administration, entraînant des tracasseries et des amendes exorbitantes pour la population.
* L'imposition d'amendes arbitraires, allant de 200 000 à 1 000 000 de francs congolais, par les éléments de la police nationale congolaise (PNC).
Les députés ont également mentionné la vente controversée d’un véhicule de l’État à Tshiebue. Tout en saluant la rapidité de la justice militaire qui a interpellé le responsable de la PNC à Ndekesha, les élus de Kazumba ont demandé un "procès pédagogique" et le relèvement d’un nombre important de policiers de leurs postes.
De son côté, Jean-Roger Tshitenge Tshitenge a rejeté toutes les accusations en bloc. Il affirme que les conflits coutumiers existaient bien avant son arrivée et qu’il n’y est pas impliqué.
"Les élus de Kazumba se sont trompés d'adresse", a-t-il rétorqué, précisant qu’il possède des documents justifiant la vente du véhicule, un acte qui selon lui, est conforme à la procédure administrative.
L’affaire, loin d’être close, pourrait connaître de nouveaux rebondissements.
Mike Tyson Mukendi