La célébration de la Journée internationale de sensibilisation à l'albinisme s'est tenue ce mardi 16 juin 2026 à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, sous le haut patronage du gouverneur de province, Joseph Moïse Kambulu N'konko. Initialement prévue le 13 juin, cette commémoration a été reportée en raison de contraintes financières.
Organisée par l'Association des Albinos pour l'Accomplissement de l'Ordre de Vie (A.O.V), cette activité a réuni plusieurs autorités provinciales, représentants d'institutions publiques et défenseurs des droits humains autour de la promotion de l'inclusion des personnes vivant avec l'albinisme.
Dans son allocution d'ouverture, le coordonnateur provincial de l'A.O.V, Robes Pierre Lumu, a salué l'appui du gouvernement provincial qui a permis la tenue de cette journée. Il a également remercié les différentes personnalités ayant répondu présentes à cette activité dédiée à la défense des droits des personnes atteintes d'albinisme.
Revenant sur l'origine de cette journée, il a rappelé qu'elle a été instituée par la résolution 69/170 de l'Assemblée générale des Nations Unies du 18 décembre 2014, faisant du 13 juin de chaque année une journée consacrée à la sensibilisation sur l'albinisme.
Pour l'édition 2026, le thème retenu est : « Bien dans ma peau : célébrons toutes les nuances des couleurs de peau ». Selon Robes Pierre Lumu, ce thème met en lumière les conséquences de la discrimination fondée sur la couleur de peau, laquelle porte atteinte à la dignité humaine, à la sécurité et au bien-être des personnes concernées.
Il a souligné que les personnes vivant avec l'albinisme continuent de subir des regards stigmatisants, des moqueries, des exclusions sociales, du harcèlement ainsi que des stéréotypes déshumanisants. Ces comportements affectent particulièrement les enfants et les jeunes dans leur développement personnel et leur intégration sociale.
Le coordonnateur de l'A.O.V a par ailleurs dressé un tableau préoccupant de la situation des albinos au Kasaï-Central. Selon lui, ces derniers font face à de nombreuses difficultés d'ordre social, culturel et sanitaire. Il a notamment évoqué la recrudescence des cancers de la peau, des carcinomes spinocellulaires, des tumeurs cancéreuses et des kératoses actiniques, des maladies souvent liées à l'absence d'une prise en charge médicale adaptée.
« Ces maladies sont évitables si les personnes atteintes d'albinisme jouissaient pleinement de leur droit à la santé », a-t-il déclaré, plaidant pour des mesures concrètes en faveur de leur protection sanitaire.
Robes Pierre Lumu a également dénoncé la persistance de la discrimination et de la stigmatisation envers les albinos, estimant qu'elles constituent des violations flagrantes des droits humains. Il a appelé les autorités compétentes à prendre des mesures fortes pour protéger davantage les personnes atteintes d'albinisme.
Pour lutter durablement contre ces pratiques, l'A.O.V entend poursuivre des campagnes de sensibilisation dans les différents territoires du Kasaï-Central afin de promouvoir le respect, l'égalité et l'inclusion sociale. L'organisation prévoit également d'intensifier son plaidoyer auprès des autorités nationales pour obtenir une meilleure prise en charge des personnes vivant avec l'albinisme en République démocratique du Congo.
Intervenant au cours de cette activité, le coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), Maître Vincent Kayembe, a insisté sur la nécessité de garantir aux personnes atteintes d'albinisme l'exercice effectif de leurs droits fondamentaux.
S'appuyant sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, il a rappelé que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, avant de condamner toute forme de discrimination et de stigmatisation visant les personnes vivant avec l'albinisme.
Le responsable de la CNDH a particulièrement mis l'accent sur le droit à la vie, à la santé, à l'éducation et à la dignité. Il a plaidé pour l'adaptation du système éducatif aux réalités des enfants albinos, souvent confrontés à des difficultés visuelles dans les salles de classe.
Maître Vincent Kayembe a également exhorté le gouvernement à élaborer un plan spécifique en faveur des personnes vivant avec l'albinisme et à mettre fin aux croyances et pratiques qui alimentent leur exclusion.
Enfin, il a encouragé les personnes atteintes d'albinisme à poursuivre leurs études, à exceller dans différents domaines de la vie nationale et à participer davantage à la gestion des affaires publiques. Il a réaffirmé l'engagement de la CNDH à défendre leurs droits chaque fois qu'ils seront menacés ou violés.
Cette célébration a constitué une occasion de sensibilisation et de plaidoyer en faveur d'une société plus inclusive, où les personnes vivant avec l'albinisme peuvent exercer pleinement leurs droits et contribuer au développement de la province et du pays sans discrimination.
