Plus de 500 hectares de terres emblavées, 43 pépinières d'acacias contenant plus de 700 000 plantules et une forte mobilisation communautaire : les activités du Programme d’investissement pour la forêt et la restauration des savanes (PIFORES) enregistrent des avancées significatives dans le territoire de Dibaya, au Kasaï-Central. Au terme d’une mission de suivi de quatre jours, conduite par le ministre provincial de l’Agriculture et de l’Environnement, Toto Kabongo, les autorités provinciales se sont déclarées satisfaites des réalisations constatées sur le terrain. Un engagement qui ouvre des perspectives prometteuses pour le développement agricole, l’amélioration des revenus des ménages et la restauration des écosystèmes locaux.
Dans le territoire de Dibaya, au Kasaï-Central, les communautés locales s’investissent activement dans la mise en œuvre du Programme d’investissement pour la forêt et la restauration des savanes (PIFORES). Plus de 500 hectares de terres ont été emblavés dans le cadre de cette initiative du gouvernement congolais, financée par la Banque mondiale.
Les réalisations ont été évaluées lors d’une mission conjointe de suivi de quatre jours, entamée le mardi 21 octobre 2026, sous la conduite du ministre provincial de l’Agriculture et de l’Environnement, Toto Kabongo. Cette mission a réuni les membres du Comité provincial de pilotage ainsi que l’équipe de l’antenne provinciale du PIFORES.
L’objectif était d’apprécier l’état d’avancement des activités exécutées par l’Union des coopératives agro-pastorales au Congo (UCOOA), agence de mise en œuvre, en collaboration avec les Comités locaux de développement (CLD) implantés dans plusieurs villages de la zone d’intervention du programme.
Sur le terrain, les équipes ont notamment visité 350 hectares de plantations d’acacias, 30 hectares de maïs et 123 hectares de niébé. À ces réalisations s’ajoutent 43 pépinières renfermant plus de 700 000 plantules, destinées à soutenir les efforts de restauration des paysages et de reboisement.
Des perspectives économiques prometteuses pour les communautés
Au-delà des enjeux environnementaux, les activités du PIFORES représentent une opportunité économique importante pour les populations bénéficiaires.
Selon les experts agricoles ayant accompagné le ministre provincial, les 30 hectares de maïs emblavés pourraient produire environ 30 000 kilogrammes, sur la base d’un rendement estimé à 1 000 kilogrammes par hectare.
En considérant un prix indicatif de 2,5 dollars américains le kilogramme, cette production pourrait générer une valeur brute estimée à 75 000 dollars américains.
Pour le niébé, les experts estiment que les 123 hectares emblavés pourraient produire jusqu’à 123 000 kilogrammes, sur la base d’un rendement de 1 000 kilogrammes par hectare.
Avec un prix indicatif de 3 dollars américains le kilogramme, cette production représenterait une valeur brute potentielle de 369 000 dollars américains.
Au total, les deux cultures pourraient ainsi représenter une valeur brute estimée à 444 000 dollars américains, sous réserve de la réalisation des rendements attendus et de la commercialisation effective des récoltes.
Ces projections mettent en évidence les possibilités offertes par le programme pour renforcer la production agricole, améliorer les revenus des ménages et contribuer à la sécurité alimentaire dans le territoire de Dibaya.
1 376 bénéficiaires mobilisés dans 27 comités locaux de développement
Les activités du programme reposent sur l’implication directe des communautés locales, regroupées au sein de 27 Comités locaux de développement (CLD), représentant au total 1 376 membres, dont 648 hommes, 467 femmes et 261 jeunes.
Pour ces communautés, les activités engagées constituent une occasion de développer les capacités agricoles locales tout en participant à la préservation des ressources naturelles.
Les populations bénéficiaires nourrissent également l’espoir de voir les plantations forestières favoriser la régénération de la biodiversité locale. Elles espèrent notamment le retour de certaines espèces végétales et animales autrefois présentes dans ces écosystèmes.
Parmi les ressources naturelles dont elles souhaitent retrouver l’abondance figurent les champignons et les chenilles, qui occupent une place importante dans l’alimentation et les moyens de subsistance des populations locales.
Cette approche traduit la volonté de concilier les besoins économiques des communautés avec les impératifs de restauration et de protection de l’environnement.
L’UCOOA plaide pour un accompagnement accru des communautés
De son côté, le coordonnateur de l’UCOOA, Timothée Ndaye, s’est réjoui de cette mission de terrain, qu’il considère comme une occasion d’apprécier les efforts consentis par les communautés locales dans la mise en œuvre des activités du programme.
Il a, à cette occasion, sollicité un accompagnement diligent des responsables du PIFORES et de la Banque mondiale afin de renforcer la motivation des membres des Comités locaux de développement.
Selon lui, cet appui contribuerait à consolider l’engagement des acteurs communautaires et à assurer la continuité des activités entreprises sur le terrain.
Pour sa part, le chef d’antenne provinciale du PIFORES au Kasaï-Central, Simon Ntumba Dikebele, s’est déclaré impressionné par le travail accompli par les communautés.
Il a également précisé que les travaux réalisés dans le cadre du programme sont rémunérés, soulignant que les activités exécutées ne relèvent pas du bénévolat.
Toto Kabongo satisfait des réalisations sur le terrain
Au terme de cette mission de suivi, le ministre provincial de l’Agriculture et de l’Environnement, Toto Kabongo, a exprimé sa satisfaction au regard des réalisations observées dans les différents sites visités.
Il a, par ailleurs, réaffirmé que les cultures réalisées dans le cadre du programme appartiennent aux populations bénéficiaires, insistant sur l’importance de leur appropriation communautaire.
Cette démarche vise à responsabiliser les communautés locales et à leur permettre de tirer directement profit des activités agricoles et forestières mises en œuvre dans leurs milieux.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 300 millions de dollars américains, le Programme d’investissement pour la forêt et la restauration des savanes (PIFORES) est une initiative du gouvernement congolais visant à améliorer la gestion des paysages forestiers et à renforcer les moyens de subsistance des communautés dans ses zones d’intervention.
Dans le territoire de Dibaya, les réalisations enregistrées témoignent de la mobilisation des populations locales autour des objectifs du programme. Entre production agricole, création de plantations forestières et restauration de la biodiversité, le PIFORES entend contribuer à un développement communautaire durable, fondé sur la valorisation des ressources naturelles et l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires.
