Un climat de tension règne depuis ce lundi à Mbujimayi, chef-lieu du Kasaï-Oriental, autour du projet de démolition des Cliniques universitaires, anciennement connues sous le nom d’Hôpital Dipumba. Le projet oppose notamment des cadres et agents de la Division provinciale de la Santé (DPS) aux responsables et membres de l’Université officielle de Mbujimayi (UOM).
Au cœur de la controverse se trouve la démolition annoncée de cet établissement hospitalier présenté comme historique et disposant d’une capacité de 450 lits, afin de permettre la construction d’une nouvelle infrastructure médicale.
Cette perspective est vivement contestée par les membres de l’Intersyndicale de la santé. Ces derniers estiment que le projet envisagé ne répondrait pas suffisamment aux besoins sanitaires de la population. Selon les informations avancées par les contestataires, la nouvelle structure disposerait d’une capacité d’environ 100 lits, soit une baisse de plus de 77 % par rapport à la capacité actuelle.
« Nous ne sommes pas contre la modernisation, mais nous nous opposons à ce projet sur ce site. La capacité annoncée est insuffisante. Nous demandons que la nouvelle infrastructure soit construite ailleurs, sans démolir ce qui existe déjà », a déclaré un représentant syndical sous couvert d’anonymat.
Des sources proches du dossier indiquent que la DPS du Kasaï-Oriental aurait entrepris des démarches auprès des autorités provinciales afin de solliciter la suspension des travaux. De son côté, l’Intersyndicale annonce des actions pour faire entendre ses revendications, sans en préciser pour l’heure la nature ni le calendrier.
La position officielle du rectorat de l’Université officielle de Mbujimayi et du gouvernorat du Kasaï-Oriental n’a pas encore été communiquée. Les services du ministère provincial de la Santé ne se sont pas non plus officiellement prononcés sur cette controverse.
Sur le terrain, des engins de démolition seraient déjà à l’œuvre, suscitant l’inquiétude de certains professionnels de santé et riverains. La poursuite des opérations malgré les contestations fait craindre une aggravation des tensions si aucune concertation n’est engagée entre les différentes parties.
Ce dossier soulève à la fois des enjeux liés à la modernisation des infrastructures sanitaires, à la capacité d’accueil hospitalière et à la préservation d’un établissement considéré comme important pour le secteur de la santé à Mbujimayi. Les acteurs concernés sont désormais appelés à privilégier le dialogue afin de parvenir à une solution conciliant les impératifs de modernisation et les besoins sanitaires de la population.
Antoine BANZA
