À Kenge, dans la province du Kwango, le souvenir des événements tragiques du 5 mai 1997 demeure profondément ancré dans les esprits. Vingt-neuf ans plus tard, la commémoration organisée ce mardi 5 mai 2026 a ravivé une douleur encore palpable chez les familles des victimes, qui continuent de réclamer reconnaissance et réparation.
Les activités ont débuté par un culte à l’Église kimbanguiste, avant de se poursuivre par un moment de recueillement sur les sites où reposent les disparus. Autorités provinciales et représentants institutionnels ont pris part à ces cérémonies, marquant ainsi leur présence à ce rendez-vous mémoriel annuel.
Mais derrière ce cadre officiel, les attentes restent vives. Plusieurs proches des victimes expriment un sentiment d’abandon face à l’absence de reconnaissance formelle et de mesures concrètes.
« Le souvenir est toujours là, mais nous avons le sentiment de ne pas être écoutés », a confié un membre de famille présent lors du dépôt de gerbes.
Au niveau du monument de la femme pleureuse, des prestations artistiques, notamment des chants et des scènes théâtrales, ont permis de replonger la population dans cette période douloureuse. Ces expressions culturelles participent à la transmission d’une mémoire collective que le temps n’a pas effacée.
Si les autorités ont, dans leurs interventions, mis l’accent sur la paix, l’unité et la cohésion sociale, des acteurs locaux estiment que ces messages doivent s’accompagner d’actions concrètes. Ils plaident pour une reconnaissance officielle des faits ainsi que pour une prise en charge effective des survivants.
L’annonce du Fonds national de réparation des victimes de violences liées aux conflits (FONAREV) concernant la réhabilitation du site commémoratif a été saluée. Toutefois, pour de nombreuses familles, cette initiative ne répond que partiellement à leurs attentes.
À Kenge, le 5 mai dépasse le cadre d’une simple date commémorative. Il symbolise une tragédie toujours présente dans les mémoires, transmise de génération en génération, et rappelle que sans justice ni reconnaissance, les blessures du passé restent difficiles à cicatriser.
