La ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, a vécu un samedi après-midi sous haute tension. Des échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et les conducteurs de motos-taxis, après la découverte de deux corps sans vie de leurs collègues, provoquant la colère et l'indignation des motards dans plusieurs quartiers de la ville.
À l'origine de cette flambée de tension, la mort d'un motard, tué selon les premières informations par un militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Ses collègues, informés du drame, se sont mobilisés pour exiger justice et dénoncer l'insécurité grandissante dont ils se disent victimes.
Le ministre provincial de l'Intérieur, Me Lawamo Selemani Taylor, a confirmé les faits. Il a précisé qu'il s'agit d'un soldat affecté à la garde d'un chantier appartenant à un major de l'Armée de l'air Dans le bloc hewabora. C'est sur ce même chantier que les autorités ont mené des recherches qui ont conduit à de macabres découvertes.
Selon le ministre, les premiers indices retrouvés sur place ont tout de suite alerté les autorités :
« En entrant dans la parcelle du major de l'Air Force, on a retrouvé la moto et l'arme abandonnée. Alors, il fallait procéder pour rechercher qu'est-ce qui a été à la base de ce coup de balle, qu'est-ce qui a fait que le monsieur puisse abandonner l'arme », a-t-il déclaré au micro de la cellule de communication du gouvernorat.
Poursuivant ses fouilles par réflexe d'enquêteur, le ministre a fait ouvrir certains endroits de la parcelle. C'est alors qu'un premier corps sans vie a été retrouvé.
« Vraiment, par réflexe, j'ai insisté qu'on commence à ouvrir certains endroits. En ouvrant, mes frères, nous venons de découvrir le corps sans vie d'un motard, non autrement identifié. Et c'est comme ça que j'ai alerté en appelant l'Auditorat et tous les autres membres du Comité provincial de sécurité », a-t-il ajouté.
L'horreur ne s'arrêtait pas là. Pendant que le magistrat instructeur de l'Auditorat militaire était sur place pour les constatations, les autorités ont poursuivi les vérifications, craignant que la parcelle n'ait été transformée en lieu d'enterrement clandestin. Un second trou a été découvert, contenant un autre corps déjà en état de décomposition avancée.
Face à cette situation, le gouvernement provincial a lancé un appel au calme. « Quel est le message que nous allons donner à la population ? C'est le message de l'appeler au calme, et plus particulièrement les motards. Nous vous confirmons que l'autorité provinciale, Son Excellence Monsieur le Gouverneur de province, va suivre attentivement. Et je crois que vous l'avez vu, lui-même s'est transporté jusque sur le lieu du crime », a martelé Me Lawamo Selemani Taylor.
Sur le terrain, le Gouverneur de province s'est effectivement rendu personnellement sur le lieu du crime, accompagné des membres du comité provincial de sécurité. Une présence qui vise à rassurer la population et à montrer la détermination des autorités à faire toute la lumière sur cette affaire.
Pour l'heure, les enquêtes se poursuivent. L'Auditorat militaire a ouvert une instruction pour déterminer les circonstances exactes de ces homicides, identifier les victimes et établir les responsabilités pénales. En attendant les conclusions, la tension reste palpable à Kindu, où les motards réclament justice et des garanties sécuritaires.
Alphonse Ketambie Bro Wilson
