Une nouvelle polémique éclate au sein de l’administration provinciale de Kinshasa autour de la distribution des plaques d’immatriculation dites « hautement sécurisées » destinées aux véhicules de l’administration publique. Selon plusieurs correspondances internes consultées ce week-end, des voix s’élèvent contre la perception de 250 USD par véhicule, une somme qui serait exigée au cabinet du ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics, Urbanisme et Habitat.
Le président de l’intersyndicale de l’administration publique de Kinshasa confirme : « Ces plaques sont censées être gratuites pour les agents de l’État, mais aujourd’hui, on leur fait payer, et en dehors des canaux légaux ». Une plainte officielle aurait déjà été adressée au ministre concerné pour exiger la suspension immédiate de cette procédure jugée opaque.
Selon les documents en circulation, cette opération n’émane d’aucun service habilité à la perception fiscale. Ni la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), ni les services du transport urbain ne seraient impliqués. Or, la vente de plaques ne constitue ni une taxe, ni un impôt prévu dans la nomenclature des recettes de la ville.
L’administration dénonce donc une double irrégularité : la perception illégale d’un montant non autorisé, et l’usurpation des compétences des services techniques. Elle s’interroge aussi sur la traçabilité des fonds ainsi collectés et craint un préjudice grave pour le Trésor urbain.
Face à ce qu’elle qualifie de « dérive institutionnelle », l’intersyndicale demande l’arrêt immédiat de la perception sur le terrain, le retour de la gestion de l’opération dans les circuits officiels, et la convocation d’une réunion urgente avec toutes les parties concernées pour clarifier la situation.
Ce scandale met à mal la transparence au sein de l’administration provinciale et soulève, une fois de plus, la question de la gestion des ressources publiques à Kinshasa.
Avec Congoprofond.net
