Dans une alerte publiée ce vendredi sur son compte X, l'acteur de la société civile Jean-Claude Katende dénonce des contrôles qu'il juge abusifs au rond-point Ngaba. Il affirme que des agents des services spéciaux y fouillent les sacs et les téléphones des passants, et rapporte l'interpellation de deux prêtres catholiques.
Au rond-point Ngaba, l'un des carrefours les plus fréquentés de la capitale, le climat serait devenu tendu pour les passants. C'est ce que soutient Jean-Claude Katende.
Dans son message, l'activiste affirme que des agents en poste à cet endroit procèdent à des fouilles systématiques. Sacs ouverts, téléphones consultés : selon lui, ces agents disent traquer des effets militaires, mais aussi des messages et des images jugés hostiles au chef de l'État.
C'est dans ce contexte, toujours d'après son récit, que deux abbés auraient été arrêtés la veille, jeudi 5 novembre.
Il s'agit de l'abbé Emmanuel Nyamankuru, de l'archidiocèse de Bukavu, et de l'abbé Lambert Museka, de l'archidiocèse de Kananga. Les deux prêtres se rendaient à leurs cours à Mont-Ngafula, précise Jean-Claude Katende.
Selon lui, les agents auraient accusé l'abbé Nyamankuru d'être en lien avec Corneille Nangaa, coordonnateur de l'AFC/M23. Une accusation que l'activiste ne reprend pas à son compte, mais qu'il rapporte comme étant celle formulée lors du contrôle.
Les deux religieux n'auraient retrouvé leur liberté qu'après s'être vu retirer 700 dollars américains, une somme qui devait, selon le message, servir à payer leurs frais académiques.
Pour Jean-Claude Katende, cette scène rappelle une époque qu'il croyait révolue. Il évoque la période 2015-2018, sous Joseph Kabila, où ces méthodes étaient, dit-il, « très fortes ». Elles auraient ensuite disparu avec l'arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, avant de « refaire surface » aujourd'hui.
Face à ce qu'il qualifie de « pratiques rétrogrades », il appelle les autorités à intervenir pour y mettre fin.