La capitale s’apprête à expérimenter un nouveau dispositif de régulation. À partir de ce lundi 9 novembre 2026, une brigade mixte sera déployée sur les grands axes de Kinshasa pour fluidifier le trafic, faire respecter les mesures déjà prises par les autorités provinciales et lutter contre les embouteillages chroniques qui paralysent la ville aux heures de pointe.
C’est ce qu’annonce un communiqué officiel conjoint, signé à Kinshasa le 7 novembre 2026 par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, et le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo Bihango.
Le document fait suite aux instructions données par la Haute Hiérarchie lors de la 96ème réunion du Conseil des ministres du vendredi 14 août 2026, en rapport avec l’élaboration d’un plan spécial de circulation routière et de sécurisation de la rentrée scolaire.
Qui compose la brigade ?
La nouvelle brigade ne sera pas une simple patrouille de police. Elle sera mixte, composée d’éléments de la Ville-Province de Kinshasa, de la Commission nationale de prévention routière (CNPR) et du Service national, en appui à la Police nationale congolaise, qui en assure la coordination.
L’opération est menée par le ministère de l’Intérieur et le ministère des Transports, en collaboration avec le Gouvernorat de la Ville-Province de Kinshasa, la CNPR et avec l’appui du Service national.
Sa mission principale : assurer la régulation du trafic routier, veiller au respect des mesures prises par les autorités provinciales et contribuer à la décongestion des principaux axes de circulation.
Ce qu’elle va faire concrètement
Selon le communiqué, la brigade sera notamment chargée de :
1. Faire respecter l’interdiction des voies rapides vers l’aéroport
L’interdiction d’emprunter les voies rapides menant à l’aéroport vise les bus, les véhicules de transport en commun de type « 207 », les camions, les motos, les tricycles et les taxis.
C’est l’une des mesures les plus sensibles du dispositif, car ces voies sont régulièrement empruntées par les transporteurs en commun malgré les interdictions, ce qui provoque des ralentissements et des accidents.
2. Réguler la circulation sur les grands boulevards
La brigade devra réguler la circulation sur les grands boulevards et les principaux axes de la capitale, là où les bouchons sont quotidiens, surtout le matin et en fin de journée.
3. Intervenir aux points noirs
Elle interviendra aux points noirs et aux zones de forte congestion afin de prévenir les embouteillages et de rétablir la fluidité du trafic.
4. Faire respecter le code de la route
De manière générale, elle veillera au respect des règles de circulation et à l’application des mesures arrêtées par les autorités compétentes.
Un appel au civisme, et des sanctions annoncées
Dans leur communiqué, les deux vice-Premiers ministres invitent la population, ainsi que l’ensemble des conducteurs et des usagers, à se conformer aux instructions qui seront données par les éléments de cette brigade et à faire preuve de civisme et de discipline routière.
Le ton est ferme : « Des mesures fermes seront prises à l’encontre des contrevenants et toutes les personnes qui ne respecteront pas ces nouvelles directives. »
Aucun détail n’est pour l’instant donné sur la nature exacte de ces sanctions, ni sur la durée de l’opération. Le communiqué parle d’une « opération spéciale », ce qui laisse entendre qu’il s’agit d’un dispositif renforcé, au moins dans un premier temps.
Un test grandeur nature pour Kinshasa
Kinshasa, avec plus de 15 millions d’habitants, est l’une des villes les plus embouteillées d’Afrique centrale. Les heures perdues dans les embouteillages coûtent cher aux travailleurs, aux élèves, aux commerçants et aux malades qui doivent rejoindre les hôpitaux.
L’arrivée de cette brigade mixte sera donc scrutée de près dès lundi matin. Les Kinois attendront de voir si, cette fois, la présence coordonnée de la Police, de la Ville, de la CNPR et du Service national parviendra à changer la réalité sur le terrain, ou si elle ne sera qu’une opération de plus parmi tant d’autres.
Roger AMANI