Le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central a franchi un pas décisif ce mercredi 28 janvier 2026. Réuni en séance plénière de 12h30 à 14h30, l’organe délibérant a voté à l’unanimité (5 voix sur 5) l’autorisation permettant au procureur général près la Cour de cassation d’engager des poursuites judiciaires contre le gouverneur de province, Nkuanga Masuangi Grâce Bilolo.
Dans le communiqué officiel signé par le rapporteur Billy N’tunga, le Bureau insiste sur le respect de la présomption d’innocence : « Cette autorisation vise à permettre à l’autorité concernée de présenter ses moyens de défense devant l’instance judiciaire compétente. »
Des soupçons de détournement de fonds publics
Le gouverneur Bilolo est soupçonné de graves malversations financières. Selon les informations disponibles, il aurait détourné plus d’un million de dollars américains, issus notamment des recettes fiscales et parafiscales de la province. Ces accusations trouvent leur origine dans un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), élaboré en 2025, qui pointe de nombreuses irrégularités dans la gestion des finances publiques du Kongo Central.
Le document met en cause plusieurs structures : le gouvernement provincial, l’Assemblée provinciale, les régies financières et certaines entités territoriales décentralisées.
L’implication du ministère de la Justice
Le 22 janvier 2026, le parquet général près la Cour de cassation avait officiellement saisi l’Assemblée provinciale pour obtenir l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire. Le lendemain, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a donné injonction au procureur général d’examiner les faits relevés par l’IGF.
Dans son communiqué du 23 janvier, le ministre a rappelé que « toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence », tout en réaffirmant l’attachement du gouvernement au respect strict de la loi et des principes de l’État de droit.
Des accusations contestées
Face à ces développements, les autorités provinciales du Kongo Central rejettent en bloc les accusations. Elles affirment n’avoir jamais été officiellement notifiées des griefs retenus contre elles, ni confrontées aux conclusions du rapport de l’IGF. Elles dénoncent également l’absence d’audition lors de la mission de contrôle.
Avec l’autorisation de poursuites désormais acquise, le gouverneur Grâce Bilolo se retrouve exposé à une procédure judiciaire formelle. Les prochaines étapes dépendront des instances compétentes, mais cette affaire pourrait redéfinir les équilibres politiques au Kongo Central.
Roger AMANI
