Le gouvernement congolais envisage de valoriser le site où a été enfouie la baleine retrouvée échouée sur une plage de Muanda, dans la province du Kongo-Central. Le ministre du Tourisme, Didier Mazenga Mukanzu, a proposé, ce mercredi 2 septembre 2026, de faire de cet espace un site touristique à l’issue d’une visite effectuée sur place.
Le ministre s’est rendu sur le site en compagnie de sa collègue de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, en séjour de travail à Muanda.
Cette visite intervient après une séance technique consacrée au sort de la baleine et aux possibilités de valorisation de l’endroit où elle a été enfouie.
Un projet de valorisation touristique
À l’issue de la visite, Didier Mazenga Mukanzu a estimé que le lieu pouvait être aménagé et sécurisé afin de conserver la mémoire de cet événement.
« Nous venons de visiter l’endroit où la baleine a été enfouie, après notre réunion technique avec l’équipe de nos deux ministres et nous avons constaté que c’est un bon endroit qui va nous permettre de l’encadrer et de le sécuriser, surtout pour qu’il puisse être aménagé comme l'un des sites touristiques de la RDC », a déclaré Didier Mazenga Mukanzu.»
Pour le ministre du Tourisme, la conservation de ce lieu pourrait également avoir une portée historique pour les générations futures.
« Cette espace sera utile aussi pour les générations futures en vue de garder une histoire de notre pays, entre autres celle d'une baleine avait été enfouie ici », a-t-il ajouté.»
Le responsable provincial de l’ICCN aurait, selon le ministre, rassuré les autorités sur le fait que la baleine n’a pas été enterrée à une profondeur qui empêcherait une éventuelle récupération de ses restes.
L’objectif serait, à terme, de pouvoir récupérer le squelette de l’animal et de l’exposer sur place, après l’aménagement du site.
Des recherches scientifiques envisagées
La ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, a pour sa part salué la décision ayant conduit à l’enfouissement de l’animal et la mission effectuée à Muanda par les autorités nationales.
«Je voudrais premièrement remercier le Président de la République et Mme la Première ministre qui ont voulu nous envoyer en mission afin de palper du doigt la réalité, parce que la situation de la baleine a fait couler beaucoup d’encre. Il y avait beaucoup de commentaires, même de la part de personnes qui n’avaient pas de connaissances sur ce mammifère », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les restes de la baleine pourraient être récupérés ultérieurement pour des études scientifiques. Les chercheurs pourraient notamment tenter de déterminer les causes de son échouage.
«Après un certain temps, nous pourrons récupérer les restes pour des raisons scientifiques. Les chercheurs pourront effectuer des études pour comprendre ce qui était à la base de l’échouage de cet animal. Par la suite, le squelette pourra être utilisé à des fins touristiques et pour la recherche médicale, car la baleine présente beaucoup de potentialités », a expliqué Marie Nyange Ndambo.»
Vers un réseau de spécialistes de la baleine
La ministre de l’Environnement a également indiqué que la RDC ne compterait actuellement que deux spécialistes de la baleine, soulignant ainsi la nécessité de renforcer l’expertise nationale dans ce domaine.
Elle a annoncé la création prochaine d’un réseau consacré à la baleine, qui devrait contribuer à améliorer la prise en charge et le suivi de cette espèce.
Au-delà de l’événement ayant suscité de nombreuses réactions, les autorités souhaitent donc désormais inscrire cette baleine dans une perspective à la fois scientifique, historique et touristique. La récupération éventuelle du squelette et l’aménagement du lieu dépendront toutefois des conditions techniques et scientifiques permettant de préserver les restes de l’animal.
Nkumu Patrick
