La Coordination de la société civile de Tembo, dans le territoire de Kasongo-Lunda (Kwango), demande aux autorités provinciales de dépêcher une mission d’experts afin de vérifier les limites frontalières entre la République démocratique du Congo et l’Angola, dans le secteur de Kizamba, à la suite d’activités minières menées à proximité de la frontière.
Dans un message transmis à Expressmedias.net ce 29 juin 2026, cette structure citoyenne, dirigée par Jean Kajiji, indique que des opérations de prospection réalisées à l’aide de drones auraient révélé un important potentiel diamantifère dans la zone, ce qui justifierait, selon elle, une nouvelle cartographie minière et une vérification approfondie des bornes frontalières.
La société civile affirme que deux entreprises angolaises, dénommées « Lola » et « Tungila », exploiteraient des diamants à grande échelle dans une zone située près du village Kahungula, à environ 12 kilomètres de la frontière congolaise. Ces activités se dérouleraient sur les ruisseaux Lola et Tungila, en diagonale de la mission Musuku (Mussuco), dans le territoire de Luremo, au district du Kwango, en Angola.
Face à cette situation, la structure plaide pour la mise en place d'une commission ad hoc regroupant des experts en délimitation des frontières ainsi que des spécialistes du cadastre minier. Cette commission aurait notamment pour mission de vérifier l’emplacement exact des bornes frontalières, d’évaluer si celles-ci ont subi des modifications et d’établir une cartographie actualisée de la zone concernée.
« Nous, populations riveraines, ne maîtrisons pas les aspects techniques de cette question. Nous estimons toutefois qu'une enquête menée par des experts permettra de déterminer clairement si ces exploitations respectent les limites territoriales établies », souligne la Coordination de la société civile de Tembo.
L'organisation fonde également sa démarche sur l'article 63 de la Constitution, qui consacre le devoir pour chaque citoyen de défendre l'intégrité territoriale du pays. Elle rappelle aussi les dispositions du règlement minier favorisant l'implication de la société civile dans le suivi et la gouvernance des activités extractives.
Tout en invitant le gouvernement provincial du Kwango à agir rapidement, la structure estime qu'il est nécessaire de prévenir tout différend lié à l'exploitation des ressources naturelles dans cette zone frontalière. Elle appelle les autorités à tirer les enseignements des tensions observées dans d'autres régions du pays, notamment à Shayibwanda, dans le territoire de Kahemba.
Enfin, la société civile de Tembo propose l'implication de la MONUSCO comme témoin du processus afin de garantir la transparence des opérations de vérification et des conclusions qui en résulteront.
Emery Poya
