La ville de Kenge, située à près de 276 kilomètres de Kinshasa, traverse une crise énergétique persistante qui affecte profondément le quotidien de ses habitants et freine son développement.
Selon un constat établi le 15 avril 2026, l’accès à l’électricité y est devenu extrêmement limité, voire inexistant dans plusieurs quartiers. Cette situation plonge une grande partie de la population dans l’obscurité, avec des répercussions directes sur les activités économiques et sociales.
Une paralysie progressive des activités
Privée d’une alimentation électrique stable, la ville fonctionne au ralenti. Les petits commerces, les ateliers et même certains services publics peinent à maintenir leurs activités. Dans plusieurs zones, les marchés ferment prématurément, parfois dès la fin de l’après-midi, faute d’éclairage.
À la tombée de la nuit, la situation devient encore plus préoccupante. L’accès aux produits de première nécessité se complique, tandis que les rues, plongées dans le noir, deviennent propices à l’insécurité.
Cette crise fait suite à l’arrêt de la centrale thermique exploitée par la Société nationale d’électricité, en panne depuis plus d’un mois. Depuis lors, aucune communication officielle n’a été faite quant aux causes de cette interruption ni à une éventuelle reprise du service, ce qui alimente l’inquiétude au sein de la population.
Des solutions locales insuffisantes
Face à cette situation, certains opérateurs privés tentent de pallier le manque en proposant de l’électricité via des groupes électrogènes. Mais cette alternative reste limitée et coûteuse, avec des tarifs variant entre 2 000 et 3 000 francs congolais par jour, un montant difficilement accessible pour une grande partie des habitants.
Ces solutions permettent tout au plus de recharger des téléphones ou de conserver temporairement quelques denrées, sans véritable impact sur l’économie locale.
Un appel pressant aux autorités
Dans ce contexte, les habitants de Kenge multiplient les appels en direction des autorités. Beaucoup soutiennent notamment le plaidoyer du gouverneur provincial et demandent une intervention rapide du gouvernement central.
La piste la plus évoquée reste le raccordement de la ville au réseau électrique du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo Agro Industrial Park, situé à une quarantaine de kilomètres. Pour de nombreux habitants, cette option représente une solution concrète pour sortir durablement de la crise.
« L’électricité est un levier essentiel pour le développement. Si Kenge est alimentée, les investisseurs viendront et les jeunes auront des opportunités », témoigne un habitant.
Certains vont plus loin en sollicitant directement l’implication du président de la République, Félix Tshisekedi, afin d’accélérer la mise en œuvre de solutions durables.
Un enjeu au-delà du confort
Au-delà des désagréments domestiques, la question de l’électricité à Kenge est devenue un véritable enjeu de développement. L’absence d’énergie fiable freine l’installation d’entreprises, limite la création d’emplois et accentue l’exode des jeunes vers d’autres villes mieux desservies.
Dans une ville stratégique pourtant proche de la capitale, la persistance de cette situation soulève de nombreuses interrogations.
Pour les habitants, une chose est claire : sans une solution rapide et durable, Kenge risque de rester durablement plongée dans l’obscurité, avec toutes les conséquences économiques et sociales que cela implique.
Emery Poya
