L’hôpital général de référence de Popokabaka, dans la province du Kwango, fonctionne dans des conditions particulièrement difficiles. L’accès limité à l’eau, l’insuffisance de l’électricité, le manque d’équipements médicaux et les difficultés liées au personnel réduisent les capacités de cette structure à répondre aux besoins des patients.
Répartis dans six principaux bâtiments, les différents services de l’établissement accueillent quotidiennement des malades malgré des moyens jugés insuffisants.
L’approvisionnement en eau constitue l’un des principaux problèmes auxquels l’hôpital est confronté. Pour assurer une partie de ses besoins, la structure recourt notamment à des puits, dont l’alimentation dépend en partie des précipitations.
Une situation qui complique le fonctionnement quotidien des services, alors que l’eau demeure indispensable aussi bien pour les soins que pour l’hygiène hospitalière.
L’alimentation électrique pose également problème. Les capacités disponibles ne permettent pas d’assurer correctement le fonctionnement de l’ensemble des services, ajoutant une contrainte supplémentaire au travail du personnel médical et paramédical.
Des limites dans la prise en charge spécialisée
Le déficit d’équipements constitue un autre obstacle. L’hôpital assure principalement les soins généraux, tandis que certains patients nécessitant des interventions spécialisées doivent être orientés vers Kinshasa.
Plusieurs domaines sont concernés, notamment la néonatalogie, la psychiatrie et la prise en charge des pathologies cardiovasculaires.
La prise en charge des nouveau-nés prématurés reste particulièrement délicate. L’établissement ne dispose actuellement que d’une seule couveuse.
Une formation est toutefois en cours : un médecin et une sage-femme de l’hôpital séjournent à Kinshasa afin de renforcer leurs compétences dans la prise en charge des nouveau-nés, notamment les prématurés.
Une ambulance immobilisée
Le transport des malades constitue également une difficulté majeure. L’unique ambulance de l’hôpital serait hors service depuis une longue période.
Cette panne complique les évacuations sanitaires, notamment pour les patients provenant des villages environnants et nécessitant rapidement une prise en charge dans une structure mieux équipée.
Un personnel largement non pris en charge
Les difficultés ne concernent pas uniquement les infrastructures et les équipements. L’hôpital fait également face à un déficit de prise en charge de son personnel.
Sur les 120 agents que compte la structure, environ 65 % ne seraient pas pris en charge par l’État et travaillent comme bénévoles.
Le financement de leur rémunération repose principalement sur les recettes générées par l’établissement. Dans certains cas, les revenus mensuels de ces agents peuvent atteindre seulement 10 000 francs congolais, en fonction des recettes disponibles.
Cette situation fragilise davantage le fonctionnement de l’hôpital et pose la question de la pérennité des services offerts à la population.
Un appel en faveur du renforcement de la structure
À Popokabaka, l’enjeu dépasse donc la seule question de la rénovation des bâtiments. L’hôpital a besoin d’un approvisionnement plus fiable en eau et en électricité, d’un renforcement de son plateau technique, de la remise en service de son ambulance ainsi que d’une meilleure prise en charge de son personnel.
Sans ces appuis, les capacités de cette structure sanitaire risquent de rester limitées face aux besoins croissants de la population de Popokabaka et des localités environnantes.
Emery Poya
