La situation reste critique sur l’axe routier Kenge–Mawanga, dans la province du Kwango. Deux ans après le lancement des travaux de réhabilitation, ce projet censé désenclaver une zone agricole stratégique est aujourd’hui totalement à l’arrêt, suscitant une vive indignation au sein de la société civile.
Lancé en 2022, le chantier n’a jamais été mené à son terme. Selon plusieurs sources locales, seuls quelques tronçons ont été partiellement aménagés, tandis que le reste de la route demeure dans un état de dégradation avancée. Érosions profondes, bourbiers et coupures fréquentes rendent la circulation extrêmement difficile, surtout en saison des pluies.
Sur le terrain, les usagers décrivent un véritable calvaire. Certaines localités sont devenues presque inaccessibles, isolant des communautés entières et compliquant considérablement les échanges.
D’après les informations disponibles, le projet avait été confié à une entreprise dont le contrat aurait été résilié. Depuis, aucun nouveau prestataire n’a été officiellement désigné, laissant le chantier à l’abandon.
Face à cette impasse, la société civile du Kwango, par la voix de Symphorien Kwengo, dénonce un manque de transparence dans la gestion du projet. Elle exige des explications claires sur l’utilisation des fonds alloués ainsi que la reprise immédiate des travaux.
« Nous exigeons toute la lumière sur ce dossier et la relance sans délai du chantier », a-t-il insisté, appelant à un audit indépendant et à l’établissement des responsabilités.
Cette route joue pourtant un rôle crucial dans l’évacuation des produits agricoles vers les grands centres urbains, notamment Kinshasa. Son impraticabilité impacte directement l’économie locale, entraînant des pertes pour les producteurs et une hausse des prix sur les marchés.
Dans ce contexte, la société civile appelle les autorités provinciales et nationales à agir en urgence pour débloquer la situation. Pour les populations du Kwango, ce projet inachevé est devenu le symbole des défis persistants dans la réalisation des infrastructures en République démocratique du Congo.
Emery Poya
