Une enveloppe de 12,955 milliards de francs congolais, décaissée en 2026 par le Trésor public au profit du ministère provincial de l’Agriculture du Kwango, suscite des interrogations sur sa destination. Alors que l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) réclame des pièces justificatives sur l’utilisation de ces fonds, le ministère concerné affirme n’avoir rien perçu. Face à ces déclarations contradictoires, le Cadre de concertation de la société civile du Kwango exige l’ouverture de poursuites judiciaires contre toute personne dont la responsabilité serait établie.
L’affaire suscite de vives préoccupations dans la province du Kwango. Selon les informations attribuées à l’APLC, une somme de 12 milliards 955 millions de francs congolais aurait été décaissée par le Trésor public en 2026, notamment pour l’acquisition d’équipements agro-silvo-pastoraux.
L’agence indique que ces fonds auraient été logés dans différents comptes liés au ministère provincial de l’Agriculture. Elle réclame des pièces justificatives permettant de retracer les mouvements financiers et de déterminer l’utilisation effective de cette enveloppe.
De son côté, le ministère provincial de l’Agriculture rejette ces allégations. Il affirme n’avoir reçu aucun montant au titre de cette enveloppe et soutient ne disposer d’aucun compte bancaire.
Face à ces positions contradictoires, le gouvernement provincial appelle à la poursuite des investigations afin d’identifier les véritables bénéficiaires des fonds décaissés et d'établir les responsabilités éventuelles.
Le Cadre de concertation de la société civile du Kwango s’inquiète de cette situation et réclame toute la lumière sur la gestion de cette enveloppe destinée, selon les informations disponibles, au secteur agricole.
« Selon les informations portées à notre connaissance, douze milliards neuf cent cinquante-cinq millions de francs congolais auraient été décaissés par le Trésor public, mais, contre toute attente, leur destination demeure inconnue. Plus préoccupant encore, le ministère provincial en charge de l’Agriculture mis en cause affirme n’avoir reçu aucune somme à ce titre », déclare Symphorien Kwengo, vice-président de cette structure citoyenne.
Cette organisation déplore également les conséquences potentielles de cette situation sur les agriculteurs de la province, confrontés notamment au manque de semences améliorées et d’outils aratoires indispensables à l’accroissement de la production agricole.
Pour la société civile, une éventuelle mauvaise gestion de ces ressources constituerait un préjudice pour les communautés rurales, alors que l’agriculture demeure un secteur essentiel pour la sécurité alimentaire et le développement économique du Kwango.
Le Cadre de concertation de la société civile appelle l’APLC ainsi que les autres institutions compétentes à mener des investigations approfondies afin de retracer les mouvements financiers concernés, d’identifier les éventuels bénéficiaires et d’établir les responsabilités.
Cette structure citoyenne insiste sur la nécessité d’engager des procédures judiciaires contre toute personne dont l’implication serait établie, conformément aux lois en vigueur.
À ce stade, la destination définitive de cette enveloppe et les responsabilités dans sa gestion restent à établir. Les investigations attendues devront permettre de déterminer si les fonds ont effectivement été perçus par les structures concernées et, le cas échéant, comment ils ont été utilisés.
Emery Poya
