Fixé à 75 dollars américains depuis juin 2025, le prix officiel du passeport biométrique congolais devait marquer une avancée vers plus d’accessibilité et de transparence. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre : de nombreux citoyens affirment devoir débourser jusqu’à 350 dollars pour obtenir ce document indispensable.
Des frais « informels » à chaque étape
Selon les témoignages recueillis, le parcours administratif est jalonné de « frais supplémentaires » imposés de manière officieuse :
- Validation du numéro d’impôt (NIF)
- Achat du formulaire
- Passage obligatoire à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR)
- Traitement au ministère des Affaires étrangères
- Capture biométrique à Kinshasa
Ces « facilitations », souvent présentées comme incontournables pour « activer le dossier » ou accélérer la procédure, gonflent le coût final bien au-delà du tarif officiel.
« Ces petits trucs illustrent la persistance de pratiques opaques et de corruption qui contredisent les annonces officielles », dénonce un membre de la société civile. Pour lui, la mesure gouvernementale reste lettre morte tant que ces frais informels ne sont pas éradiqués.
Du côté du ministère, le discours se veut rassurant : « Ceux qui sont victimes de ces pratiques doivent dénoncer cela auprès des autorités compétentes. Le prix officiel demeure à 75 dollars », affirme un responsable.
Ce décalage entre la volonté affichée de rendre le passeport accessible et la pratique quotidienne met en lumière un problème récurrent en RDC : la difficulté à traduire les réformes en actes concrets. Pour les citoyens, le passeport reste un luxe, et la confiance envers les institutions s’érode face à la persistance des frais occultes.
Roger AMANI
