Des signaux contradictoires émergent autour du retrait présumé des troupes rwandaises dans l’Est de la RDC, suscitant interrogations et inquiétudes, y compris au sein des rangs du M23.
Au cours des dernières 24 heures, deux communications émanant de responsables rebelles ont laissé entrevoir un possible réajustement des positions militaires. Dans une déclaration publique, le maire de Goma, Katembo Ndalieni, a évoqué des mesures de désescalade prises de part et d’autre.
« Les FARDC vont reculer de 30 km et nous allons également reculer de 30 km. Ce sont des mesures de confiance dans le cadre des processus en cours. D’ailleurs, les négociations vont évoluer : nous allons quitter Doha pour la Suisse », a-t-il déclaré.
Quelques heures plus tard, le gouverneur rebelle du Nord-Kivu, Bahati Musanga, a tenté de rassurer la population à travers un communiqué officiel. Dans un communiqué relayé par son vice Willy Manzi, il affirme que les mouvements observés sur les lignes de front relèvent d’une simple rotation des troupes aux fronts
« La Province du Nord-Kivu tient à rassurer l’ensemble de la population que les activités en cours sur les différentes lignes de front s’inscrivent dans le cadre de la rotation habituelle de l’ARC », indique le document.
Malgré ces tentatives d’apaisement, la situation semble générer des tensions internes. Selon plusieurs sources, certains collaborateurs de la rébellion expriment des craintes pour leur sécurité, redoutant les conséquences d’un éventuel désengagement militaire sans même être avisé malgré leur implication aux côtés du mouvement rebelle.
Le porte-parole du gouverneur rebelle, Kambere Lumumba, a lui aussi réagi récemment, son message atteste d’un véritable malaise et d’un climat d’incertitude dans la rébellion.
« Certains n’aiment pas vraiment la paix. Ils veulent nous voir souffrir dans les camps de réfugiés. Est-ce cela, être frère ? », s’est-il interrogé.
Cependant, sur le terrain, le retrait des troupes rwandaises dans certaines zones est accueilli avec soulagement par les populations locales. Des scènes de liesse ont été signalées notamment à Uvira, dans le Sud-Kivu, ainsi qu’à Kipese, dans le territoire de Lubero, et dans certaines localités du territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
Daniel Michombero
