Cela fait quatre jours qu’ils passent la nuit à la belle étoile. Près d’une centaine de sinistrés du quartier Golf ISTM, parmi lesquels des vieillards, des femmes et des enfants, ont installé un camp de fortune devant le siège de l’Assemblée provinciale du Lualaba.
Ces familles ont tout perdu lors des récentes opérations de démolition menées dans le quartier Golf ISTM. Selon les autorités provinciales, cette zone relève du périmètre aéroportuaire et était occupée illégalement. Les bulldozers ont rasé les habitations, laissant les occupants sans abri du jour au lendemain.
Sur place, la situation est critique. Pas de tentes, pas de nourriture, pas d’installations sanitaires. Les sinistrés dénoncent un abandon total. « Nous dormons ici depuis quatre nuits. Il pleut, les enfants tombent malades, et personne ne vient nous voir », témoigne maman Jeannette rencontrée sur le lieu.
Plusieurs victimes affirment avoir d’abord trouvé refuge dans des écoles et églises voisines après les démolitions. Mais elles disent avoir été évacuées de ces sites d’accueil temporaires, sans solution de rechange. Contraints de quitter, ils se sont rabattus sur l’esplanade de l’Assemblée provinciale pour rendre leur détresse visible.
Du côté officiel, les démolitions s’inscrivent dans une opération de récupération des emprises publiques autour de l’aéroport de Kolwezi. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur le sort des familles déplacées ni sur d’éventuelles mesures de relogement.
En attendant, les sinistrés du Golf ISTM restent mobilisés devant l’hémicycle provincial. Ils réclament une prise en charge d’urgence et une solution durable à leur situation. « Nous ne demandons pas la lune. Juste un toit et un peu de dignité », lâche un père assis à même le sol, entouré de quelques effets sauvés des décombres.
La pression monte alors que la saison des pluies se poursuit et que les conditions sanitaires se dégradent sur le site.
Roger AMANI
