La ville de Lubumbashi s'est réveillée ce lundi 13 juillet sous tension. Depuis le déploiement des barrières de la DRHKAT pour le recouvrement forcé des documents de bord des véhicules, la circulation tourne au ralenti et le mécontentement ne cesse de grandir parmi la population.
Dès les premières heures de la matinée, les contrôles systématiques ont été installés sur les principales artères de la ville, aussi bien les grands boulevards que les petites avenues de quartier. Une présence qui a poussé de nombreux chauffeurs de bus et de taxis à éviter certains axes, voire à suspendre purement et simplement leurs activités pour la journée.
La conséquence est directe et visible à chaque arrêt. Les véhicules se font rares, l'attente s'éternise et les tarifs flambent. Un trajet habituellement facturé à 1000 francs passe ce lundi à 2500, voire 3000 francs selon les tronçons. Pris en étau, de nombreux usagers n'ont d'autre choix que de se rabattre sur les motos-taxis, une alternative plus rapide pour contourner les barrières mais nettement plus coûteuse.
Au sein de la société civile, le ton se durcit. Des acteurs dénoncent une politique de contrôle menée sans aucune mesure d'accompagnement pour les citoyens. Ils estiment qu'on ne peut paralyser la mobilité d'une ville entière sans prévoir d'alternative pour les travailleurs, les élèves et les malades qui doivent se déplacer.
La comparaison avec Kinshasa revient avec insistance. Dans la capitale, rappellent-ils, l'État a investi dans les bus Transco pour améliorer la mobilité urbaine et soulager la population. A Lubumbashi, en revanche, le transport en commun reste entièrement privatisé. Une situation qui, selon eux, montre que les Lushois sont abandonnés à leur triste sort, faute de véhicules de transport en commun de l'État capables de prendre le relais.
Roger AMANI
