Un drame industriel secoue la province du Haut-Katanga. Un employé de l’entreprise Kipoi Mining, implantée à 75 kilomètres sur l’axe Likasi–Lubumbashi, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques le 13 janvier dernier. Selon les premières dénonciations, l’ouvrier aurait été broyé par une machine alors qu’il procédait à son nettoyage. L’engin aurait été mis en marche de manière imprudente par un ressortissant chinois, identifié comme Zhang Zhang Fou.
L’affaire, révélée par l’ancienne députée Josiane Maloba Banze, a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique. Outre la brutalité de l’accident, c’est la gestion de l’après-drame qui alimente la colère. Le corps de la victime aurait été transféré vers une morgue sans l’accord préalable de la famille, dans un climat qualifié d’opaque et irrespectueux par plusieurs témoins.
Face à cette situation, Josiane Maloba, par l’entremise de son avocat Maître François Mbuyu, a saisi le procureur général d’une plainte officielle. Elle demande l’ouverture d’une information judiciaire non seulement pour faire la lumière sur les circonstances du décès, mais aussi pour examiner le rôle de certains magistrats du parquet de Kipushi, accusés de passivité, voire de complicité.
« Il est impératif que justice soit rendue, que les responsabilités soient établies et que les auteurs de cette négligence répondent de leurs actes », a déclaré Me Mbuyu. La plainte vise à obtenir des poursuites contre toute personne impliquée dans ce drame, qu’il s’agisse de l’auteur présumé de l’acte ou des autorités judiciaires locales soupçonnées d’inaction.
Ce drame relance le débat sur les conditions de sécurité dans les sites miniers opérés par des entreprises étrangères en RDC, ainsi que sur le respect des droits des travailleurs congolais. Les autorités judiciaires sont désormais attendues au tournant.
Roger AMANI
