Le territoire de Bolobo, dans la province du Maï-Ndombe, fait face à une grave crise sociale provoquée par plusieurs mois d’arriérés de salaires des agents publics. Fonctionnaires de l’État, médecins, infirmiers ainsi que plusieurs cadres du secteur de la santé dénoncent cinq mois sans rémunération, une situation qui alimente la colère et fait planer la menace d’une grève générale.
Le samedi 16 mai 2026, des dizaines d’agents ont organisé une marche pacifique dans les rues de Bolobo pour exprimer leur ras-le-bol face à des conditions de travail devenues, selon eux, insoutenables. Les manifestants réclament le paiement immédiat des salaires et primes bloqués depuis décembre 2025.
Au cours de cette mobilisation, les protestataires ont également dénoncé plusieurs irrégularités administratives qui aggraveraient la situation. Parmi les griefs évoqués figurent notamment le blocage inexpliqué des salaires et des primes, le retard dans le processus de délocalisation bancaire annoncé par les autorités ainsi que la non-mécanisation de centaines d’agents publics.
« On nous demande de travailler alors qu’on ne vit plus », a confié un agent de santé rencontré lors de la manifestation.
Les organisations syndicales montent désormais le ton. Elles accordent un ultimatum d’une semaine au gouvernement afin de trouver une solution concrète aux revendications des travailleurs. Faute de réponse dans ce délai, elles menacent de déclencher une grève sèche qui pourrait paralyser l’ensemble des services administratifs et sanitaires du territoire.
Cette situation suscite de vives inquiétudes au sein de la population locale, particulièrement dans le secteur de la santé déjà confronté à d’importantes difficultés de fonctionnement. Une interruption des services médicaux dans les hôpitaux et centres de santé de Bolobo risquerait d’aggraver davantage les conditions de prise en charge des malades.
Alors que le compte à rebours est lancé, les habitants espèrent une réaction rapide des autorités nationales et provinciales afin d’éviter une paralysie totale des services publics dans cette partie du Maï-Ndombe.
Emery Poya
