Au moins 17 détenus se sont évadés de la prison centrale d’Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, dans la nuit du week-end dernier, relançant les inquiétudes sur l’état de délabrement avancé de cet établissement pénitentiaire.
Selon les premières informations recueillies sur place, les fugitifs auraient profité de la fragilité des infrastructures pour quitter leur lieu de détention. Une ouverture devenue vulnérable en raison de la vétusté du bâtiment aurait facilité leur fuite.
Construite en 1928, la prison centrale d’Inongo figure parmi les plus anciennes infrastructures carcérales du pays. Près d’un siècle après son érection, elle présente de nombreuses défaillances structurelles. Les murs fissurés, les toitures endommagées ainsi que plusieurs installations dégradées compromettent sérieusement les conditions de sécurité et de détention.
Au-delà de l’évasion, cette situation met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontés les responsables pénitentiaires dans la gestion quotidienne de l’établissement. Le manque d’infrastructures adaptées, notamment pour le personnel de surveillance, complique davantage le fonctionnement de la prison.
Face à cette situation préoccupante, les autorités provinciales appellent à une intervention urgente du gouvernement central. Le gouverneur du Maï-Ndombe, Nkoso Kevani, a indiqué avoir alerté les autorités compétentes sur l’état critique de la prison, estimant qu’une réhabilitation ou une reconstruction de l’infrastructure devient indispensable pour prévenir de nouveaux incidents.
Cette évasion intervient dans un contexte où plusieurs établissements pénitentiaires du pays sont confrontés à des problèmes de surpopulation, de vétusté et d’insuffisance des moyens de sécurisation. Pour de nombreux observateurs, l’incident d’Inongo constitue un signal d’alarme supplémentaire sur la nécessité de moderniser les infrastructures carcérales afin de garantir la sécurité publique et le bon fonctionnement de la justice.
Une enquête devrait permettre d’établir les circonstances exactes de cette évasion et de déterminer les responsabilités éventuelles.
Emery Poya
