L’Assemblée provinciale du Maï-Ndombe s’oppose à la dissolution du comité provisoire de l’intersyndicale des enseignants de la province éducationnelle Maï-Ndombe 1. À l’issue d’une audition organisée vendredi 23 octobre 2026 autour du différend opposant les enseignants au ministre provincial de l’Éducation, les députés provinciaux ont demandé le retrait de l’arrêté ayant dissous cette structure syndicale. Cette intervention intervient alors que les activités scolaires demeurent perturbées depuis plusieurs semaines.
À l’issue de cette séance, les élus provinciaux ont estimé que le ministre provincial de l’Éducation, Justin Iyolo, ne dispose pas des prérogatives nécessaires pour dissoudre une organisation syndicale. Ils ont, par conséquent, appelé les parties concernées à privilégier le dialogue afin de parvenir à un règlement pacifique de cette crise qui affecte le fonctionnement des établissements scolaires de la province.
Le rapporteur de l’Assemblée provinciale, Malachie Mpia Bokona, a annoncé l’envoi prochain d’une délégation à Kinshasa pour examiner les revendications salariales des enseignants. Cette mission devrait réunir le président de l’intersyndicale et le ministre provincial de l’Éducation, avec une prise en charge des frais de déplacement par le gouvernement provincial.
« Dissoudre l’intersyndicale n’est pas de sa compétence parce que ce sont deux services parallèles. Personne d’entre eux ne peut tenir l’autre. C’est la durée de la grève qui a motivé notre démarche. Ça fait un mois et demi que les élèves de la province éducationnelle Maï-Ndombe 1 n’étudient pas », a déclaré Malachie Mpia Bokona.
Le rapporteur a également précisé que l’Assemblée provinciale a invité les enseignants à faire preuve de patience, dans l’attente des démarches annoncées à Kinshasa. Celles-ci devraient notamment permettre d’examiner les irrégularités salariales dénoncées par le personnel enseignant et de rechercher une solution durable à la crise.
Pour rappel, le ministre provincial de l’Éducation, Justin Iyolo, avait décidé de dissoudre le comité provisoire de l’intersyndicale, lui reprochant notamment un manque de collaboration, des insuffisances dans son fonctionnement ainsi que des dépassements de ses prérogatives. Cette décision est intervenue dans un contexte de grève déclenchée avant la rentrée scolaire du 1er septembre 2026.
Le ministre avait ensuite ordonné la reprise des cours à partir du 19 octobre. Si cette consigne a été suivie dans certains établissements, les enseignants poursuivent leurs revendications, notamment le paiement des salaires de décembre 2025 et janvier 2026. Ils contestent également la compétence du ministre provincial à dissoudre leur comité syndical.
Emery Poya
