Un chef coutumier a été tué samedi dernier à Vanga, dans le village de Mbutie, territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe. Ce meurtre, attribué à des miliciens Mobondo opposés au processus de paix, illustre la persistance de l’insécurité et des rivalités autour de l’installation des autorités coutumières dans cette partie de la République démocratique du Congo.
D’après Stany Libie, chef coutumier du village Kimomo, la victime avait été installée par Matondo, un ancien chef milicien qui s’est rendu aux autorités et bénéficie d’une prise en charge par la commission de pacification à Kinshasa. Les auteurs présumés appartiendraient à une faction rivale dirigée par un autre chef milicien connu sous le nom de Cobra.
« Matondo installe, et l’autre vient destituer et tuer. Ils sont tous des chefs miliciens. Ça signifie que la situation sécuritaire n’est pas encore bonne, parce que ce sont les Mobondo qui installent les chefs dans les terres qui ne leur appartiennent pas », a déclaré Stany Libie.
Selon ce responsable coutumier, plusieurs chefs auraient été installés dans différentes localités par des responsables de groupes armés qui continuent d’occuper certaines zones. L’assassinat de Vanga aurait provoqué un mouvement de panique parmi les habitants, accentuant les inquiétudes dans cette région confrontée à des difficultés sécuritaires persistantes.
Cet incident remet en lumière les défis auxquels fait face le processus de pacification à Kwamouth. Les rivalités entre factions Mobondo compliquent le rétablissement de l’autorité coutumière et les efforts visant à ramener une paix durable dans les villages concernés.
Par ailleurs, l’armée a récemment alerté sur les pratiques de certains miliciens Mobondo réfractaires au désarmement, accusés d’imposer des taxes aux agriculteurs avant de leur permettre d’accéder à leurs champs. Ces pratiques affectent les activités agricoles et renforcent le climat d’insécurité auquel sont confrontées les populations locales.
La situation à Kwamouth demeure ainsi préoccupante, alors que les initiatives de pacification doivent encore faire face aux divisions internes des groupes armés et aux violences qui continuent de menacer les communautés.
Emery Poya
