Depuis janvier 2026, une situation climatique inhabituelle perturbe les habitudes des cultivateurs du territoire de Mahagi. Alors que les pluies sont normalement attendues en mars pour lancer la saison culturale A, des averses précoces s’abattent depuis le début de l’année, bouleversant le calendrier agricole traditionnel.
L’ingénieur agronome Ulangi Théophile, inspecteur territorial chargé de l’agriculture et de la sécurité alimentaire à Mahagi, contacté par Expressmedias.net, attribue ces perturbations aux changements climatiques. Selon lui, les producteurs doivent impérativement adapter leurs méthodes culturales afin de réduire les risques de pertes.
Pour prévenir d’importants dégâts, il recommande d’intensifier immédiatement la préparation des champs. Les sols, déjà humidifiés par ces pluies anticipées, offrent en effet des conditions favorables au labour et aux travaux préliminaires.
Certaines cultures plus tolérantes à la chaleur peuvent être semées sans attendre, notamment la patate douce, le manioc, le mil et le sorgho, reconnus pour leur résistance aux variations climatiques.
En revanche, les cultures plus sensibles — telles que le haricot, le soja, l’arachide, le maïs et le riz — devraient être mises en terre à partir du mois de mars. Toutefois, dans les zones marécageuses où l’humidité est permanente, ces semis peuvent être envisagés plus tôt.
Dans ce territoire à forte vocation agricole, un échec de la campagne culturale aurait des conséquences économiques majeures pour toute la province de l’Ituri. Face à ces dérèglements climatiques, l’adaptation technique et l’anticipation apparaissent désormais comme des leviers indispensables pour garantir la sécurité alimentaire locale.
Augustin Ndjabu
