La Nouvelle Société civile du Maniema alerte sur ce qu’elle considère comme une perte d’indépendance de certains acteurs de la société civile vis-à-vis du gouvernement provincial. Son coordonnateur, le pasteur Mukubwa Mputu Kastaim Revocate, dénonce notamment une instrumentalisation qui, selon lui, affaiblirait le rôle de contrôle citoyen des organisations de la société civile.
Dans une déclaration faite à la presse locale, le responsable de cette structure estime que certains acteurs censés assurer une veille citoyenne auraient progressivement adopté le rôle de communicateurs, de porte-parole ou de défenseurs des actions de l’exécutif provincial.
« La société civile doit rester un contrepoids et défendre l’intérêt général. Elle ne peut pas devenir le porte-parole du gouvernement », affirme le pasteur Mukubwa Mputu Kastaim Revocate.
Il évoque également la participation présumée de certains membres de la société civile à des fonctions ou activités bénéficiant à l’exécutif provincial. Pour lui, de telles situations sont susceptibles de compromettre l’indépendance et la crédibilité des organisations chargées de représenter les intérêts des citoyens.
Le coordonnateur de la Nouvelle Société civile soulève par ailleurs des interrogations sur certaines dépenses et priorités du gouvernement provincial. Il cite notamment la location d’une résidence et de véhicules attribués au gouverneur, alors que certains travaux de réhabilitation des résidences officielles ne seraient pas, selon ses déclarations, achevés.
Pour le responsable de cette organisation citoyenne, les autorités provinciales devraient davantage communiquer sur l’utilisation des ressources publiques et clarifier les priorités retenues dans la gestion de la province.
Face à ces préoccupations, la Nouvelle Société civile du Maniema appelle les organisations citoyennes à préserver leur autonomie et à renforcer leur rôle dans le contrôle de l’action publique. Elle encourage également les différents acteurs à privilégier la responsabilité, l’unité et la défense de l’intérêt général.
Ces accusations, formulées par la Nouvelle Société civile, appellent toutefois des éléments de réponse de la part de l’exécutif provincial et des acteurs mis en cause afin d’éclairer l’opinion sur les faits dénoncés.
Emmanuel Ndjadi Pascal
