Le Projet d’appui à l’agriculture durable (PAAD) poursuit le renforcement de son dispositif opérationnel dans la province du Maniema. Du 28 au 30 septembre 2026, un atelier de renforcement des capacités se tient à Kindu, chef-lieu de la province.
Cette activité s’inscrit dans la volonté du PAAD de rapprocher davantage son dispositif d’intervention des réalités du terrain et de renforcer les capacités des services appelés à accompagner les producteurs dans la mise en œuvre des activités du projet.
La province du Maniema compte sept territoires : Kabambare, Kailo, Kasongo, Kibombo, Lubutu, Pangi et Punia. Dans un espace provincial aussi vaste, l’efficacité des interventions agricoles repose notamment sur la capacité des services provinciaux et territoriaux à travailler de manière coordonnée, à assurer un encadrement de proximité et à produire des informations fiables permettant de suivre les activités jusque dans les zones de production.
La formation réunit notamment les inspecteurs territoriaux de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire des sept territoires, ainsi que les représentants des services spécialisés, dont le Service national des semences (SENASEM), le Service national de vulgarisation agricole (SNAV), le Service national des statistiques agricoles (SNSA) et le Service provincial d’appui et de renforcement des capacités agricoles (IPAGRISA).
Elle se tient sous la supervision du ministère provincial ayant l’Agriculture dans ses attributions et du point focal provincial du PAAD, avec l’appui technique de la coordination nationale.
L’objectif de cet atelier est de mieux outiller les acteurs provinciaux et territoriaux appelés à jouer un rôle de premier plan dans le déploiement du PAAD. Il s’agit notamment de renforcer leurs capacités en matière d’encadrement des producteurs et des autres acteurs agricoles, de supervision des interventions, de collecte et de remontée des données, ainsi que de suivi des résultats obtenus sur le terrain.
Cette démarche traduit une orientation essentielle du projet : faire des services techniques déconcentrés de véritables relais opérationnels entre la coordination provinciale, les territoires et les communautés bénéficiaires.
Les inspections provinciales et territoriales occupent ainsi une position déterminante dans ce dispositif. Elles sont appelées à travailler en complémentarité avec le SENASEM pour le contrôle et la certification du matériel végétal, avec les services de vulgarisation pour l’accompagnement technique des producteurs et avec les services des statistiques agricoles pour la production et la consolidation des données nécessaires au pilotage des interventions.
Quatre thématiques pour renforcer l’action sur le terrain
Les travaux en salle s’articulent autour de quatre axes principaux : la présentation générale du PAAD et de son dispositif de mise en œuvre ; les principes de l’agriculture durable et de l’agroécologie ; l’utilisation du Système d’information géographique (SIG) appliqué à l’agriculture durable ; ainsi que les statistiques agricoles et la connaissance des acteurs du système agricole national.
Au-delà des présentations théoriques, l’atelier privilégie une démarche participative reposant sur les échanges d’expériences, les discussions autour des réalités propres aux territoires du Maniema et l’identification des responsabilités de chaque service dans la chaîne opérationnelle du PAAD.
Une attention particulière est accordée à la qualité de l’information agricole. Pour le PAAD, les données ne constituent pas une simple formalité administrative. Elles doivent permettre de savoir où les interventions sont réalisées, quels producteurs sont accompagnés, quelles superficies sont effectivement emblavées, quel matériel végétal est utilisé et quels résultats sont obtenus.
L’enjeu est ainsi de développer une véritable culture du suivi fondée sur la traçabilité, la vérification et l’utilisation des données pour améliorer la prise de décision.
Un suivi de la campagne agricole 2026-2027
La mission au Maniema ne se limite pas aux travaux en salle. Elle prévoit également un suivi de la préparation des activités de la campagne agricole 2026-2027 auprès de quelques agrimultiplicateurs, afin de rapprocher les enseignements de l’atelier des réalités opérationnelles de la campagne.
Ces visites permettront notamment d’apprécier les superficies préparées ou prévues pour l’agrimultiplication, l’état de préparation des parcelles ainsi que les dispositifs techniques mis en place pour conduire les activités de production et de multiplication du matériel végétal.
Une attention sera également portée, selon l’état d’avancement observé sur chaque site, à la disponibilité du matériel végétal, à l’organisation des parcelles, aux pratiques culturales envisagées, à l’encadrement technique des agrimultiplicateurs ainsi qu’aux principales contraintes susceptibles d’affecter le démarrage ou le déroulement de la campagne.
Cette démarche permettra de disposer d’informations de terrain sur le niveau réel de préparation de la campagne agricole 2026-2027 et, lorsque cela sera nécessaire, d’identifier suffisamment tôt les besoins d’accompagnement ou les mesures correctives à envisager.
Elle contribuera également à renforcer la collaboration entre les agrimultiplicateurs, le SENASEM, les services de vulgarisation, les inspections territoriales et l’inspection provinciale, afin que la disponibilité de matériel végétal de qualité puisse effectivement se traduire par des superficies emblavées et une production agricole mieux encadrée.
Le PAAD et ses objectifs
Le Projet d’appui à l’agriculture durable (PAAD) est une initiative du Gouvernement de la République démocratique du Congo, mise en œuvre par le Secrétariat général à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Prévu sur une période de quatre ans, le projet bénéficie du financement de CAFI à travers le FONAREDD, ainsi que du Gouvernement de la République démocratique du Congo. Il s’inscrit en articulation avec le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).
À travers ses interventions, le PAAD vise notamment à accroître la production et les rendements des cultures ciblées, à améliorer l’accès des agriculteurs aux semences et au matériel végétal améliorés, à développer les chaînes de valeur et les marchés locaux, à renforcer les capacités des producteurs et à contribuer à l’amélioration de leurs revenus, tout en promouvant des pratiques agricoles plus durables.
Alphonse Ketambie Bro Wilson
