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SOCIÉTÉ
José Engonge Itoko, correspondant à Mbandaka

Publié le Jeudi 10 septembre 2026

Nombre de lectures: 9

Maniema : les femmes agricultrices appellent à une meilleure sécurisation foncière et à l’accès au FOGEC

La province du Maniema doit davantage dynamiser son secteur agricole, considéré comme l’un des moteurs de son économie locale. À l’occasion de la Journée mondiale de l’agriculture, les femmes agricultrices de cette province ont formulé plusieurs recommandations visant à moderniser leurs activités et à accroître leur capacité de production.

Ce plaidoyer a été porté, ce mercredi 9 septembre 2026, par Josée Kimbalanga, coordinatrice de l’ONG « Femmes secouristes ». Elle a notamment mis en lumière les obstacles structurels qui continuent de freiner le développement de l’entrepreneuriat féminin dans le secteur agropastoral.

Selon elle, les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes agricultrices sont nombreuses et étroitement liées. L’accès à la terre, mais surtout la sécurisation juridique des parcelles exploitées, demeure l’une de leurs principales préoccupations.

« Aujourd’hui, les femmes du Maniema n’ont pas suffisamment accès à la terre. Par manque de sécurisation de nos parcelles et de documents administratifs adéquats, nous éprouvons d’énormes difficultés à développer une production compétitive », a expliqué Josée Kimbalanga.

Face à cette situation, l’ONG appelle le gouvernement provincial à prendre des mesures concrètes pour faciliter l’accès des femmes aux espaces agricoles. Elle plaide également pour une réduction des coûts liés à l’obtention des titres fonciers auprès des services compétents.

Pour ces agricultrices, la sécurisation foncière constitue un levier essentiel pour renforcer leur autonomie économique. L’accès à des garanties foncières leur permettrait, selon elles, d’investir davantage dans leurs exploitations et de contribuer plus efficacement au développement de la province.

Le FOGEC, autre priorité

Au-delà de la question foncière, l’accès au financement constitue le deuxième axe majeur de ce plaidoyer. Josée Kimbalanga a ainsi sollicité l’installation effective du Fonds de garantie pour l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC) dans la province du Maniema.

L’objectif est de permettre aux entrepreneures locales de bénéficier des mécanismes de garantie proposés par cette institution nationale. Le FOGEC est présenté comme une réponse aux difficultés rencontrées par les femmes qui ne disposent pas de garanties matérielles suffisantes pour accéder aux crédits bancaires classiques.

« Nous devons être parmi les bénéficiaires du FOGEC pour accéder aux crédits bancaires sans les contraintes habituelles. Actuellement, lorsque nous sollicitons un financement, les exigences de gages nous excluent systématiquement du circuit bancaire », a-t-elle précisé.

Pour concrétiser cette demande, l’ONG exhorte le gouvernement provincial à entreprendre des démarches auprès du ministère national des Petites et Moyennes Entreprises afin de faciliter l’accès des entrepreneures du Maniema aux mécanismes de financement et de garantie disponibles.

Des femmes déjà engagées dans la transformation agricole

Les femmes agricultrices du Maniema ne se limitent toutefois pas à l’agriculture de subsistance. Elles sont également actives dans la production du riz et du maïs, ainsi que dans plusieurs initiatives de transformation agroalimentaire.

Parmi ces initiatives figurent notamment la production d’huiles essentielles et la valorisation des déchets agricoles pour la fabrication de briquettes écologiques. Des activités qui témoignent, selon l’ONG, de leur capacité à innover et à créer des revenus à partir des ressources locales.

Pour ces femmes, un accompagnement institutionnel plus conséquent, notamment dans les domaines foncier et financier, leur permettrait de franchir un nouveau cap dans la professionnalisation de leurs activités.

Un tel soutien pourrait également contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et à la création de nouvelles opportunités économiques dans la province du Maniema.

En attendant une réponse des autorités, les femmes agricultrices réaffirment leur volonté de jouer pleinement leur rôle dans le développement de leur province. Elles espèrent que leur plaidoyer sera entendu par les décideurs et débouchera sur des mesures concrètes en faveur de leur autonomisation économique.

Alphonse Ketambie Bro Wilson

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José Engonge Itoko, correspondant à Mbandaka

Publié le Jeudi 10 septembre 2026

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