L’euphorie sportive a laissé place à une charge politique cinglante. Présent dans les tribunes mercredi 17 juin à Houston pour soutenir les Léopards de la RDC face au Portugal lors du Mondial 2026, le président Félix Tshisekedi s’en est pris frontalement à son prédécesseur Joseph Kabila devant une diaspora congolaise en liesse.
Après le match nul 1-1 arraché face aux Portugais, le chef de l’État s’est adressé aux supporters. Il a d’abord salué la performance des joueurs congolais, soulignant la portée symbolique du résultat : « Le monde entier redoutait Cristiano Ronaldo, mais nous, un pays en guerre, on l’a arrêté », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Félix Tshisekedi a aussi indiqué avoir négocié personnellement avec la FIFA pour obtenir plus de billets pour les supporters congolais en cas de qualification pour le prochain tour
Attaque directe contre Joseph Kabila
C’est en évoquant la situation politique et sécuritaire du pays que le ton a changé. Revenant sur l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, Félix Tshisekedi a directement mis en cause son successeur : « Les ennemis étaient entrés, nous étions distraits. Ils ont même écarté un fils du pays, Laurent-Désiré Kabila, et ils ont placé leur chien, Joseph Kabila, qu’ils pouvaient dresser à leur guise ».
Le président a qualifié le rôle de Joseph Kabila à l’Est du pays de « nuisible ».
Cette sortie intervient dans un climat politique déjà électrique en RDC. Les relations entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont rompues depuis la fin de leur coalition en 2020. Le président accuse régulièrement son prédécesseur d’entretenir des liens avec les rebelles de l'AFC-M23 actifs dans l’Est, accusations que le camp Kabila a toujours rejetées.
Le choix du mot « chien » et de l’expression « dresser à leur guise » marque une escalade verbale. Il reprend une rhétorique que Tshisekedi utilise depuis plusieurs mois, présentant Kabila comme un pion installé par des forces étrangères après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila en 2001.
Du côté du FCC, la plateforme politique de Joseph Kabila, aucune réaction officielle n’avait encore été publiée jeudi matin. Mais sur les réseaux sociaux, plusieurs cadres ont déjà dénoncé des « insultes indignes d’un chef d’État ».
Roger AMANI
