La qualification historique de la République démocratique du Congo (RDC) pour la Coupe du monde 2026, après 52 ans d’absence, devait demeurer un moment de joie nationale.
Logés dans le groupe K, les Léopards affronteront le Portugal de Cristiano Ronaldo, la Colombie de James Rodríguez et l’Ouzbékistan, un groupe relevé qui place la RDC face à des adversaires de très haut niveau. Leur parcours commencera le 17 juin 2026 face au Portugal, avant de poursuivre contre la Colombie le 24 juin et de terminer la phase de groupes le 28 juin.
Mais alors que le pays s’enthousiasme pour ce rendez-vous historique, une polémique enfle autour des prix annoncés pour les billets du match Portugal–RDC. Les montants varient de 587 dollars pour le ticket le moins cher à plus de 33 120 dollars pour certaines catégories VIP et hospitalités. Ces chiffres, relayés par plusieurs médias internationaux, rappellent la flambée déjà observée lors du Mondial 2022, où les plateformes de billetterie secondaires pratiquaient parfois des tarifs multipliés par dix en fonction de la demande. La présence annoncée de Cristiano Ronaldo, probablement pour sa dernière Coupe du monde, contribue également à cette spéculation mondiale.
Ce phénomène, bien que global, suscite une profonde incompréhension en RDC. Des médias comme ESPN, Sky Sports, The Athletic ou encore CBS Sports confirment des hausses similaires sur les affiches de prestige dans différents pays, mais pour les supporters congolais, ces tarifs restent largement déconnectés de la réalité économique nationale. Sur les réseaux sociaux, de nombreux fans expriment leur frustration, dénonçant un “Mondial pour les riches”, tandis que certains rappellent que le salaire moyen congolais rend pratiquement impossible l’achat d’un billet même au prix minimum.
La flambée s’explique entre autres par la demande mondiale autour du Portugal, par la spéculation des plateformes de revente, mais aussi par les coûts logistiques particulièrement élevés du Mondial 2026, organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Néanmoins, ces explications ne suffisent pas à apaiser les inquiétudes. Beaucoup craignent que l’accès au stade, pourtant symbole d’unité et de passion nationale, soit réservé à une élite.
À ce stade, la FECOFA ne s’est pas encore exprimée officiellement. Certains observateurs appellent la Fédération à négocier des quotas pour les supporters congolais, voire à organiser des voyages encadrés et abordables. Sur le terrain comme en dehors, les Léopards devront relever un double défi : affronter des adversaires de niveau mondial, tout en portant l’espoir d’un peuple dont une grande partie se sent déjà exclue de l’événement.
Pour l’instant, la fierté nationale demeure intacte, mais l’enthousiasme est terni par une inquiétude légitime : vivre la Coupe du monde de près semble devenir un luxe, au moment même où la RDC écrit l’une des pages les plus importantes de son histoire footballistique.
