La marche organisée par l’UDPS/Tshisekedi ce mardi 22 septembre 2026 à travers le pays, avec une forte mobilisation à Mwene-Ditu, suscite des réactions sur les conséquences de cette journée sur les activités socio-économiques dans la ville.
Dans un éditorial, le coordonnateur intérimaire de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de Lomami, Me Humberto Bukasa, estime nécessaire de distinguer les actions relevant de l’État de celles des organisations politiques ou privées.
« Les réalités contrastées de la RDC : nous devons apprendre à distinguer les actions de l’État de celles des privés », souligne-t-il.
Selon Me Humberto Bukasa, plusieurs activités ont été perturbées à Mwene-Ditu à l’occasion de cette mobilisation. Il évoque notamment une journée marquée par l’absence d’activités scolaires, la fermeture de certains marchés avant midi ainsi que la participation de certains services publics et fonctionnaires à la marche.
« Nous avons assisté à une journée sans écoles, sans marché avant midi, les services publics de l’État et les fonctionnaires à la marche organisée par la plateforme électorale USN », affirme-t-il.
Le responsable de la NSCC/Lomami estime qu’une mobilisation politique devrait principalement concerner les militants et sympathisants des partis ou plateformes concernés, tandis que le Gouvernement devrait, selon lui, prendre en charge la mobilisation générale lorsqu’il s’agit d’une question qu’il considère comme nationale.
Me Humberto Bukasa précise toutefois que son intervention ne vise pas à prendre position sur le débat relatif à la révision ou au changement de la Constitution, mais plutôt à attirer l’attention sur les conséquences économiques et sociales liées à l’interruption des activités.
Il cite notamment le cas des commerçants qui, après avoir perdu une partie de leur journée de travail, restent confrontés à leurs obligations fiscales.
« Le contraste sera que les commerçants qui ont perdu une demi-journée verront le soir les agents percepteurs de différentes régies financières et services passer pour percevoir les taxes », déclare-t-il.
Interrogé par la presse en marge de la marche, le maire de Mwene-Ditu, cadre de l’UDPS, a donné une autre lecture de la situation.
Selon l’autorité urbaine, aucune consigne n’aurait été donnée pour décréter une journée chômée. La fermeture de certaines activités serait plutôt, d’après lui, le résultat d’une décision volontaire des habitants souhaitant manifester leur soutien à la mobilisation.
« Ils l’ont fait volontairement. Nous n’avons pas lancé un mot d’ordre pour dire que la journée sera chômée. C’est tout simplement l’amour de leur patrie que les gens eux-mêmes ont fermé leurs activités », a déclaré le maire.
Les deux prises de position mettent ainsi en lumière des lectures différentes des perturbations observées à Mwene-Ditu : Me Humberto Bukasa insiste sur leurs conséquences sociales et économiques, tandis que le maire présente la situation comme une mobilisation volontaire de la population.
Choél Tshimanga
