Le dossier relatif à la présumée spoliation de la concession dite « marché Dubaï » à Mwene-Ditu, dans la province de Lomami, connaît une nouvelle escalade. Quatre mois après avoir tiré la sonnette d’alarme, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) annonce l’organisation d’une marche populaire ce vendredi pour exiger la restitution de ce qu’elle considère comme un bien public illégalement accaparé.
Dans un communiqué rendu public le 13 février 2026, l’organisation citoyenne avait accordé un ultimatum d’une semaine aux occupants, aux acheteurs présumés et à toute personne impliquée dans ce dossier foncier controversé. Selon la NSCC, il s’agit d’une spoliation d’une concession appartenant à l’État.
Son coordonnateur provincial, Humberto Bukasa, avait alors averti qu’à défaut de solution dans le délai imparti, la structure saisirait officiellement les autorités compétentes par voie de dénonciation. Il s’appuie notamment sur la mise en garde formulée le 27 janvier 2026 par le premier président de la Cour de cassation à l’endroit des responsables de la justice et des services fonciers, appelés à lutter fermement contre les occupations illégales des biens publics.
L’ultimatum arrivant à expiration, la NSCC confirme désormais le passage à l’action. Dans un message publié ce jeudi 19 février, l’organisation annonce une grande marche pacifique dans la ville ferroviaire.
« L’ultimatum donné aux spoliateurs du terrain du marché Dubaï à Mwene-Ditu expire dans vingt-quatre heures. Nous demandons aux concernés de prendre toutes les dispositions pour libérer la concession. On ne défie jamais le peuple », a déclaré Humberto Bukasa.
Selon la société civile, la marche — dont le point de départ n’a pas été précisé — se dirigera vers le parquet de Mwene-Ditu, où une dénonciation formelle sera déposée à l’attention du procureur général. La structure appelle par ailleurs la population à rester mobilisée et vigilante pour la suite des actions envisagées.
De son côté, la version des autorités locales diverge. Lors de points de presse organisés l’année dernière, Gaüs Tshiama, proche de l’autorité urbaine, avait rejeté toute accusation de vente de la parcelle.
« Celui qui vous dit que la parcelle est vendue, qu’il vous brandisse les documents de vente. Qui l’a achetée ? Et à combien ? », avait-il affirmé, soutenant que le site n’aurait pas été cédé mais serait plutôt concerné par un projet de délocalisation pour des raisons de sécurité.
Entre accusations de spoliation et démentis officiels, le dossier du marché Dubaï continue donc de diviser l’opinion locale. La marche annoncée pourrait constituer un tournant décisif, soit vers une clarification judiciaire, soit vers une intensification des tensions autour de cette concession stratégique pour la population de Mwene-Ditu.
Choél Tshimanga
