La Société civile Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (SC BIDH RDC), coordination urbano-territoriale de Mwenga/Kamituga, interpelle les autorités sur la situation des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP Wazalendo) et la persistance des tracasseries imposées à la population dans cette partie du Sud-Kivu.
Dans une note d’interpellation adressée aux autorités nationales, provinciales et locales, l’organisation demande notamment des éclaircissements sur la gestion des moyens financiers annoncés pour la prise en charge des VDP Wazalendo. Cette démarche intervient après une interpellation du vice-Premier ministre en charge de la Défense par le député national Claude Misare Mugomberwa au sujet de la gestion de ces fonds.
La SC BIDH salue la décision du président de la République et du Gouvernement d’allouer des moyens aux VDP Wazalendo, estimant que cette initiative traduit une volonté de soutenir les personnes engagées dans la défense du territoire national.
Cependant, l’organisation affirme que la situation sur le terrain reste préoccupante. Elle rapporte des cas de tracasseries, d’extorsions, d’intimidations, de confiscation de cartes d’électeur et d’imposition d’amendes allant de 50 000 à 100 000 francs congolais. Ces faits seraient notamment attribués à certains porteurs d’armes et éléments se réclamant des Wazalendo.
La SC BIDH dénonce également la multiplication des barrières routières. Selon elle, alors que les autorités avaient prévu de limiter les postes officiels à neuf, avec une perception fixée à 3 000 francs congolais, plusieurs barrières continueraient de fonctionner avec des montants pouvant atteindre 10 000 francs par passager.
Pour l’organisation, ces pratiques contribuent à accroître le mécontentement de la population et risquent de compromettre les efforts engagés dans la lutte contre l’AFC/M23. Elles alimenteraient également des soupçons sur la gestion des fonds destinés aux VDP Wazalendo.
Face à cette situation, la SC BIDH recommande notamment la publication de la clé de répartition des 4 millions de dollars américains annoncés pour la prise en charge des Wazalendo, ainsi que la prise en charge effective des combattants présents sur les différents fronts.
Elle demande également le respect des mesures relatives aux barrières routières, l’ouverture de poursuites contre les auteurs présumés des tracasseries et l’unification des différents groupes Wazalendo sous un commandement unique, placé sous la coordination des FARDC.
L’organisation appelle par ailleurs les députés nationaux et provinciaux du Sud-Kivu à renforcer leur contrôle sur la gestion de ces fonds et à défendre les intérêts des populations confrontées à l’insécurité, à la dégradation des routes et aux violations des droits humains.
La SC BIDH prévient enfin qu’en l’absence de réponses concrètes dans un délai de deux mois, des actions citoyennes pourraient être envisagées par la population afin de faire entendre ses revendications.
Bubasha Djuma Bob
