La presse et le monde académique de la République démocratique du Congo portent le deuil. Ce mercredi 7 janvier 2026, Médard Mbuyal Mangal, Rédacteur en chef principal à la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC) et éminent pédagogue, a rendu l'âme à Kananga. Il s'y trouvait en mission scientifique pour dispenser des enseignements à l’Université notre Dame du Kasaï (UKA).
Un maître de la plume et du micro
Figure de proue de la RTNC, Médard Mbuyal Mangal n'était pas seulement un journaliste ; il était une boussole éthique. Sa rigueur intellectuelle et son sens aigu du service public ont fait de lui un pilier de la chaîne nationale. En tant que Directeur du Centre de formation de l’Institut Congolais de l’Audiovisuel (ICA, ex-Sevoza), il a poli le talent de plusieurs générations de journalistes, leur léguant le goût de l'excellence.
Chercheur émérite en Sciences de l’Information et de la Communication à l'UNISIC (ex-IFASIC), Médard Mbuyal incarnait cette rare symbiose entre la théorie académique et la pratique de terrain. Sa mort à Kananga, loin de son domicile kinois, témoigne de son dévouement pour la décentralisation du savoir. Il croyait fermement que l'élite intellectuelle de l'arrière-pays méritait le même encadrement que celle de la capitale.
Au-delà des studios et des auditoires, son expertise a servi la santé publique. En qualité de Consultant national pour l’ONU/SIDA, il a révolutionné la communication autour du VIH en RDC. Sous son impulsion, les médias ont cessé d'être de simples observateurs pour devenir des acteurs de premier plan dans la sensibilisation et la lutte contre la stigmatisation des malades.
Son engagement spirituel et citoyen s'est également manifesté à travers l’Union Catholique Internationale de la Presse (UCIP). Dès 2001, il plaidait pour un journalisme de paix, exhortant ses confrères à rejeter la glorification des conflits au profit de la vérité et de la justice.
La vie de ce grand homme n'a pas été exempte de douleur. En 2022, il a affronté la tragédie de sa vie : le meurtre de son fils, Médard Mbuyal Junior, fauché à 17 ans par une bavure militaire à Kintambo. Malgré ce choc immense, l'homme est resté debout, poursuivant sa mission d'éducation et de réforme de la société congolaise.
Le départ de Médard Mbuyal Mangal laisse un vide immense à la RTNC, à l'UNISIC et au sein de toute la corporation journalistique. Il laisse derrière lui le portrait d'un homme intègre, d'un serviteur de l'État et d'un chercheur infatigable.
Avec Congoprofond.net
