La situation sécuritaire reste préoccupante dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, où plusieurs quartiers font face à une recrudescence de cambriolages et d’actes de violence depuis le début de l’année 2026. Les organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à renforcer les mesures de protection de la population.
Dans la commune de Mulekera, le bilan dressé par la société civile locale est particulièrement inquiétant. Depuis janvier 2026, au moins 59 habitations ont été cambriolées par des individus armés, parfois munis d’armes blanches ou d’armes à feu.
Selon Joseph Sabuni, président de la société civile de la commune, 24 personnes ont été grièvement blessées lors de ces attaques. Par ailleurs, six décès ont été enregistrés, dont plusieurs par balles, un par étranglement et un autre lié à un cas de justice populaire. Les assaillants ont également emporté des biens importants, notamment huit motos, ainsi qu’environ 22 500 dollars américains et 15,5 millions de francs congolais.
La commune voisine de Bungulu connaît une situation similaire. D’après Jures Mukongoli, président de la société civile locale, 56 maisons ont été cambriolées depuis le début de l’année.
Les attaques ont également entraîné cinq cas de violences sexuelles, tandis que plusieurs biens ont été volés, dont 88 téléphones portables, environ 18 086 dollars américains et plus de 7 millions de francs congolais.
Pour les acteurs de la société civile, le mauvais état de certaines routes complique l’intervention rapide des forces de sécurité lors des alertes lancées par les habitants.
La société civile dénonce plusieurs failles sécuritaires
Au niveau urbain, Pépin Kavotha, président de la coordination de la société civile de Beni, attribue cette recrudescence de l’insécurité à plusieurs facteurs. Parmi eux figurent l’absence d’opérations de bouclage, la présence persistante de quartiers généraux de groupes criminels, ainsi que la faible réactivité des services de sécurité face aux alertes de la population.
Il cite notamment le cas du quartier Mabolio où, malgré les appels au secours lancés par les habitants à l’aide de sifflets et de bidons, aucune intervention n’aurait été enregistrée.
Face à cette situation, la société civile appelle les autorités compétentes de la République démocratique du Congo à prendre des mesures urgentes pour rétablir la sécurité dans la ville.
Les acteurs locaux exhortent également la population à continuer de signaler tout mouvement suspect, tout en mettant en garde contre les cas de justice populaire.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les cambriolages nocturnes sont devenus presque quotidiens dans certains quartiers de Beni, renforçant le climat d’inquiétude parmi les habitants.
Dieumerci Matu Chub
