La société civile des forces vives de Baswagha Lubena, dans la localité de Cantine, en territoire de Beni ,alerte sur l’état de dégradation avancée du pont jeté sur la rivière Engubo, sur l’axe Cantine–Kangé, en direction de Kima et Balongi.
Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 23 avril 2026 ,par son président, Tchetche Aliamini, dénonce une situation préoccupante qui affecte directement la mobilité et les activités socio-économiques des populations locales.
Selon la société civile, cet ouvrage d’intérêt public avait été entièrement réhabilité en 2023 par la société VIHUMBIRA SSV, sur fonds propres. Le pont constitue depuis lors un axe vital pour l’accès aux champs et l’évacuation des produits agricoles.
Cependant, l’arrivée d’une entreprise chinoise opérant dans la zone aurait marqué un tournant. Malgré une interdiction formelle liée à la capacité portante limitée du pont, des engins lourds, notamment des pelles mécaniques, auraient été utilisés sur cet ouvrage, causant d’importants dégâts.
Toujours selon la même source, un engagement de réparation avait été obtenu après intervention des autorités coutumières. Une somme d’environ 1700 dollars américains aurait été remise à un militaire basé à Cantine, chargé d’exécuter les travaux conformément à un devis technique.
À ce jour, aucune réhabilitation n’a été réalisée, et la gestion de ces fonds reste sans justification. Une expertise technique évoque la nécessité de remplacer la majorité des éléments porteurs du pont, impliquant une reconstruction quasi complète.
La société civile dénonce ainsi un possible cas de détournement ou de mauvaise gestion des fonds destinés à un ouvrage public, et s’interroge sur le rôle attribué à un militaire dans un domaine relevant des services techniques compétents.
Face à cette situation, elle formule plusieurs exigences :
• La traçabilité immédiate des fonds alloués ;
• Le lancement sans délai des travaux de réhabilitation sous supervision technique qualifiée ;
• L’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités.
La société civile prévient qu’en l’absence d’actions concrètes, elle se réserve le droit de saisir les instances judiciaires compétentes.
En attendant, la population de Cantine continue de subir les conséquences de la dégradation de cet axe stratégique, essentiel à la vie économique locale.
Premiss batita à Béni.
