La recrudescence des violences attribuées aux rebelles des ADF dans le territoire de Lubero provoque un important déplacement de populations vers les zones voisines, notamment dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Quelques jours après l’incursion des ADF dans le groupement Mwenye, en chefferie des Baswagha dans le territoire de Lubero, un afflux massif de déplacés est signalé dans le village de Butuhe, chef-lieu du groupement Malio en chefferie des Bashu dans le territoire de Beni.
Se confiant à expressmedias.net ce vendredi 23 janvier, Maître Maombi Kahongya, président de la société civile des Bashu, renseigne que près de 500 ménages ont trouvé refuge au sein des familles d’accueil, vivant dans des conditions extrêmement précaires.
« Nous appelons la population à la solidarité et les autorités à procéder rapidement à l’enregistrement des déplacés. L’ennemi pourrait profiter de ces mouvements pour s’infiltrer dans la communauté », a-t-il averti.
Il a également exhorté les autorités compétentes à intensifier les efforts de sécurisation afin de ramener la paix dans les entités menacées.
Pendant ce temps, le groupement Mwenye continue de subir des attaques sanglantes. Dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 janvier, des combattants ADF ont frappé le village de Mako, situé à environ 8 kilomètres de Masoya, chef-lieu du groupement.
Le bilan provisoire fait état de six civils tués et de plusieurs maisons incendiées.
La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) déplore ces pertes humaines et s’interroge sur la liberté de mouvement dont semblent bénéficier les assaillants.
« Nous ne comprenons pas comment l’ennemi peut circuler librement dans une zone pendant plus d’une semaine sans être inquiété », a déclaré Jérémie Muthano, membre de la NSCC locale.
Les conséquences de cette insécurité sont déjà visibles sur le plan socio-économique. À Itendi, dans le groupement Manzia, secteur des Bapere, le marché local est resté paralysé l'avant midi de ce vendredi, tandis que les travaux sur l’axe routier Butembo–Manguredjipa ont été fortement ralentis, selon l’acteur de la société civile Vulizu Makelele.
Par ailleurs, trois villages du groupement Mwenye – Mako, Mambau et Lukono – ont été attaqués simultanément, faisant six morts au total et plusieurs maisons incendiées.
Le coordonnateur de la société civile locale, Kambale Muthano Jérémie, déplore l’absence d’intervention rapide des forces armées et appelle à une opération militaire de traque pour dissuader les rebelles et renforcer la sécurité des populations.
Dieumerci Matu Chub
