Les élèves finalistes du Nord-Kivu traversent une période de forte tension émotionnelle. Entre attentes, incertitudes et rumeurs relayées sur les réseaux sociaux, beaucoup se trouvent dans un état de fragilité psychologique.
Face à cette réalité, des experts en psychologie mentale appellent les finalistes à garder confiance en eux, à éviter l’isolement et à se méfier des fausses informations selon le psychologue Christian Kavalami , la réussite comme l’échec font partie de la vie, et savoir les affronter avec maturité est essentiel pour préserver la stabilité émotionnelle et sociale.
Un moment décisif mais délicat
La période d’attente des résultats de l’examen d’État est perçue comme une étape cruciale dans la vie des finalistes. Selon le psychologue abordé , « l’attente de quelque chose dont on ignore l’issue n’est jamais facile. Psychologiquement, les élèves ne sont pas toujours stables car ils redoutent l’inconnu » a-t-il fait savoir.
Il rappelle que les finalistes doivent avant tout « avoir confiance en eux-mêmes » et se rappeler que les efforts fournis pendant les épreuves constituent la meilleure garantie. Un esprit positif et une perception saine des choses leur permettront d’éviter l’angoisse et la peur injustifiée.
Se protéger contre la désinformation
À l’ère des réseaux sociaux, les rumeurs se propagent rapidement et peuvent semer davantage de confusion. Le psychologue met en garde les finalistes contre « la tentation de croire à tout ce qui circule en ligne », insistant sur le fait qu’« il existe une seule source officielle pour la publication des résultats ».
Suivre des informations erronées, dit-il, peut non seulement troubler les élèves mais aussi les prédisposer à des problèmes psychologiques plus graves. L’expert recommande aux finalistes de rester attentifs uniquement aux communiqués officiels.
Ne pas affronter seul cette période
L’isolement est également un facteur aggravant. Le psychologue suggère aux finalistes de passer du temps avec leurs proches et amis afin de partager leurs inquiétudes et d’alléger le poids psychologique de l’attente. « Rester seul peut amener un élève à se faire trop de soucis, à développer une mauvaise image de lui-même et, à terme, à sombrer dans des troubles mentaux », a-t-il expliqué.
Éviter les comportements violents
Dans certaines provinces de la RDC, des élèves ayant échoué ont déjà manifesté leur colère en brûlant un établissement scolaire ou en agressant leurs responsables. Christian Kavalami qualifie ces actes « d’atypiques et injustifiables », rappelant que « les résultats des examens d’État appartiennent à l’élève lui-même, et non au préfet ni à l’école ».
Il insiste sur la nécessité d’un travail d’éducation et de sensibilisation pour prévenir ces dérapages au Nord-Kivu.
« L’échec est une réalité possible dans la vie, mais il ne doit jamais être considéré comme la fin de tout. De même, la réussite est une chance qu’il faut accueillir avec humilité » a-t-il déclaré.
Pour éviter de telles dérives, les acteurs éducatifs sont appelés à préparer les élèves, dès le début de leur formation, à envisager l’examen comme une étape et non comme une fin en soi. Cela implique aussi de renforcer l’éducation à la résilience, afin que les jeunes apprennent à gérer aussi bien les succès que les échecs.
Pascal Nduyiri, au Nord-Kivu
